Naya---Le temps n'a plus la même consistance.À Paris, chaque minute était comptée, mesurée, monnayée. Le réveil à six heures, le métro bondé, les dossiers qui s'empilent, les nuits trop courtes et les matins trop lourds. Le temps était une course, une fuite en avant, une chose qui me glissait entre les doigts comme du sable.Ici, le temps s'étire.Je me réveille avec le soleil, parce que le soleil entre par toutes les fentes de la maison en bois. Je me lève parce que j'ai envie de me lever, pas parce qu'une alarme me hurle dans les oreilles. Je bois mon thé sur la véranda, les pieds nus dans la poussière, en regardant la mer changer de couleur à mesure que le jour monte.Cinq jours que nous sommes là.Cinq jours, et j'ai l'impression que des années ont passé. Ou peut-être que le temps s'est arrêté, tout simplement. Peut-être que je vis dans une bulle, une parenthèse enchantée, un rêve dont je ne veux pas me réveiller.Ce matin, j'aide Maria à faire la lessive.Elle m'a donné une ba
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