LOGINNaya a grandi dans les rues animées de Cebu, aux Philippines, élevée par une mère aimante mais sans ressources. Elle a appris la résilience, la débrouille, et la force de rêver malgré la misère. Liora, elle, a toujours vécu dans le faste de la haute société parisienne, entre bals de charité, voyages en jet privé et deals d’affaires. Héritière choyée d’un magnat de la biotech, elle ignore tout de sa sœur jumelle. Leurs chemins se croisent lorsqu’un concours de circonstances amène Naya à travailler sous une fausse identité dans l’entreprise dirigée par leur père biologique. C’est là que toutes deux rencontrent Lysandre Varnier, un entrepreneur magnétique, aussi brillant qu’imprévisible. Lyam tombe d’abord amoureux de Naya, captivé par sa sincérité brute. Mais Liora habituée à obtenir ce qu’elle veut, s’entiche de cet homme qui ne fléchit devant aucun pouvoir. Sans connaître leur lien de sang, les deux femmes entrent dans une spirale de passion, jalousie et rivalité. Mais lorsque la vérité éclate les origines cachées, les mensonges d’un père, et l’amour partagé Naya et Liora devront choisir : s’anéantir pour un homme… ou affronter ensemble la vérité pour mieux se retrouver.
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La pluie sur Cebu a une odeur particulière. Un mélange d’asphalte chaud, de sel et de poisson séché. Elle tambourine sur le toit de tôle, une musique familière qui berce mes insomnies. À côté de moi, Mama Aling ronfle doucement, épuisée par sa journée de lessive. Je compte mentalement les billets froissés cachés sous la lame de plancher. Pas assez. Jamais assez pour la médecine qu’il lui faudrait bientôt.
Mon reflet dans le fragment de miroir accroché au mur est flou, fatigué. Vingt-cinq ans de survie y ont creusé des ombres. Je passe mes doigts sur la photo décollée d’un magazine : une tour de verre à Paris, élancée, froide, inaccessible. Mon rêve secret, mon échappatoire. Un endroit où le destin ne serait pas écrit d’avance dans la pauvreté.
Le téléphone de Mama , un vieux modèle à touches , vibre sur la table. Un message d’un numéro inconnu, en anglais. Une offre d’emploi. « Entretien en visioconférence demain, 9h. Société Varnier-Berthelot. Poste : assistante de direction junior. Logement et billet aller-simple pour Paris fournis si retenu. »
Le cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Un piège ? Une erreur ? Je n’ai postulé à rien. Mais les mots « Paris » et « billet » brillent comme des éclats d’or dans la pénombre. Je regarde Mama, sa respiration laborieuse. Parfois, le destin ne vous tend pas la main. Il vous jette une corde rugueuse, et il faut s’y agripper, peu importe les échardes.
Je réponds « OUI » avant que la peur ne me reprenne.
Liora
La lumière de ce matin parisien caresse les lignes parfaites de mon bureau, un bloc de marbre blanc face à la Tour Eiffel. L’air sent le lilas et le café Ethiopien. Parfait. Contrôlé. Comme tout dans ma vie.
— Votre agenda de la journée, mademoiselle Berthelot.
Claire, mon assistante, pose une tablette devant moi. Réunion avec les actionnaires à 11h. Déjeuner caritatif à l’Hôtel de Crillon à 13h. Séance d’essayage chez Dior à 17h. Le père veut que je sois le visage de la nouvelle campagne philanthropique de la holding. « L’avenir a un visage », dit le slogan. Le mien, apparemment. Lissé, souriant, impeccable.
Pourtant, ce matin, le reflet dans la baie vitrée me semble étranger. Une silhouette en soie ivoire, aux contours trop nets, comme découpée dans du papier. Il manque une texture, une imperfection. Une vie.
Le visiophone de mon père s’allume sur l’écran mural. Son image apparaît, tranchante, dans son costume bleu nuit.
— Liora. Une modification à ton emploi du temps. J’envoie un nouveau profil dans l’équipe support de la direction. Une recrue externe. Fais-moi confiance.
Il raccroche sans autre explication. Typique. Les décisions de Julian Berthelot sont des décrets. Je n’ai même pas le nom de cette personne. Une petite irritation pulse à ma tempe. Mon domaine, cet étage, cette vue… c’est mon royaume. Je n’aime pas les surprises, les éléments non contrôlés.
Surtout depuis que les rumeurs parlent du rapprochement avec Lysandre Varnier. Le génie turbulent des biotech, celui que même mon père ne parvient pas à acheter complètement. Je l’ai croisé une fois, à un gala. Des yeux qui voient trop, une présence qui dérange l’ordre établi de la pièce. Il ne m’a pas adressé la parole. Personne ne m’ignore.
Je termine mon café, laissant l’amertume sur ma langue. Paris est à mes pieds, mais aujourd’hui, il me semble étrangement étriqué.
NayaLe jour se lève à peine quand Maria nous réveille.Pas avec des mots. Avec des gestes. Le bruit doux de la bouilloire qui chante sur le feu, l'odeur du riz qui cuit doucement dans la marmite en terre, le froissement de ses pas nus sur la terre battue de la kitchenette. Elle prépare le petit-déjeuner comme tous les matins depuis que nous sommes arrivées, mais aujourd'hui, il y a quelque chose de différent dans sa façon de bouger. Quelque chose de plus lent. De plus lourd. De plus grave.Chacun de ses gestes semble imprégné d'une solennité muette, comme si elle accomplissait un rituel ancien dont elle seule connaît le sens. Ses mains s'attardent sur la bouilloire. Ses doigts caressent le bois de la cuillère. Ses yeux s'arrêtent plus longtemps sur chaque objet, comme pour en mémoriser la texture, la couleur, le poids.C'est le dernier matin.Je m'assois sur le bord du lit, les jambes encore faibles de la fièvre qui m'a terrassée il y a quelques jours, mais le corps reposé, l'esprit
Naya---La fièvre est tombée.Je me réveille un matin, et le poids sur ma poitrine a disparu. Ma tête est légère, claire, comme lavée par l'orage. Mon corps est faible encore, mais d'une faiblesse douce, reposée, presque agréable.La lumière du soleil traverse les murs en bois, dessine des motifs mouvants sur le sol. J'entends les vagues au loin, le vent dans les cocotiers, les rires des enfants qui jouent sur la plage.Je suis vivante.Je me redresse lentement. Mes bras tremblent un peu, mais ils tiennent. Je pose mes pieds nus sur le sol de terre battue. C'est frais, rugueux, réel.Dans l'autre pièce, j'entends Maria et Liora qui parlent à voix basse.— Il faut la laisser dormir,
Liora---Je ne sais pas quoi faire de mes mains.Je suis debout dans l'entrée de la petite pièce, les bras ballants, à regarder Maria qui soigne Naya. Elle a l'air si sûre d'elle, si compétente, si maternelle. Elle change le linge sur le front de Naya, lui fait boire des tisanes, lui parle doucement.Moi, je ne sais rien faire.Je n'ai jamais soigné personne. Je n'ai jamais veillé un malade. Je n'ai jamais tenu la main de quelqu'un qui souffrait.Chez les Delacroix, quand j'étais malade, on m'envoyait dans ma chambre et on fermait la porte. Une domestique passait de temps en temps, déposait un plateau-repas, repartait sans un mot. Isabelle disait que la maladie était une faiblesse, et que les Delacroix n'étaient pas faibles.
Naya---Je me réveille avec un poids sur la poitrine.Pas un poids physique , quelque chose de plus sournois, de plus profond. Une fatigue qui vient de l'intérieur, qui colle à mes os, qui m'empêche de bouger.J'essaie de me lever. Mes jambes ne répondent pas.J'essaie d'appeler. Ma voix est un filet, à peine audible.La lumière du jour traverse les murs en bois, éclabousse le sol de taches dorées. Le hamac de Liora est vide. Dans l'autre pièce, j'entends des bruits , la bouilloire qui siffle, des pas légers, la voix de Maria qui chantonne.— Maman, j'essaie de dire.Rien ne sort.Je referme les yeux. Le monde tourne autour de moi, lentement, comme un manège fatigué. Mon corps est brûlant. Mon front est trempé de sueur. Mes draps sont collan
Nous passons en revue les photos une par une. Maria commente chacune d'elles, non pas comme une étrangère, mais comme une mère qui a suivi chaque étape de notre croissance, qui connaît nos histoires mieux que nous-mêmes.— L&agrav
Maria pâlit.— Je ne savais pas. Je ne pouvais pas savoir. Ils m'ont dit qu'ils vous donneraient tout. J'ai cru...— Vous avez cru ce qu'ils voulaient que vous croyiez.— Liora, intervient Naya. Ce n'est pas le moment.— C'es
La femme âgée s'appelle Rosa. Elle a connu Maria depuis l'enfance, elles ont grandi ensemble dans ce village où rien ne change jamais. Elle nous regarde, Naya et moi, avec des yeux qui semblent chercher sur nos visages les traces de la femme que nous venons chercher.— Venez, dit-elle en tagalog. J
Ma voix est étrange. Pas la mienne. Plus petite, plus fragile, comme celle d'une enfant qui demande pardon sans savoir pourquoi.— Bonjour, répond-elle. Sa voix tremble. Vous êtes perdue ?— Non. Je ne suis pas perdue.Je fais un pas en avant.






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