EmmaLe vide après est un gouffre. Silence assourdissant, ponctué de nos souffles éreintés. Corps figés, marqués, unis dans la ruine. Pas une erreur. Un point de bascule.Le retour à la réalité est une lente éviscération, fragment par fragment lacérant le voile d'extase résiduelle. Le bois du bureau mord mes paumes écorchées, imprégnées de sueur salée et de poussière crayeuse qui gratte comme du sable. L'air froid agresse ma peau nue, hypersensible : chair de poule hérissée sur mes seins encore lourds, tétons durcis par le vide post-orgasmique ; cuisses gluantes, palpitantes d'un mélange chaud qui coule lentement, marquant mes mollets d'une traînée intime. Le néon grésille, un vrombissement strident qui perce mes tempans saturés d'échos de chairs claquant, et son odeur m'envahit : sueur musquée, sperme âcre, craie poudrée, tout collé à moi comme une marque indélébile.Il domine toujours, présence titanesque qui aspire l'oxygène de la pièce. Son torse halète encore, chemise débraillée
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