LeïlaLa nuit a tout enveloppé dehors, un manteau de velours sombre piqué de lumières lointaines, mais dans l'appartement, chaque lampe est allumée comme si nous refusions la moindre zone d'ombre. Nous sommes assis sur le canapé, face à face. Nos genoux se frôlent, et ce contact infime, ce point de chaleur à travers le tissu de nos vêtements, me rappelle que nous sommes vivants, que nous avons survécu. L'orage est passé. Je le sens à la qualité du silence, qui n'est plus lourd de non-dits mais ouvert, respirant, comme la terre après la pluie.Hicham me regarde. Ses yeux, ces yeux sombres qui ont su être si durs, si calculateurs, sont ce soir d'une transparence qui me bouleverse. Je n'y vois plus le chef d'entreprise impitoyable, ni l'amant tourmenté, ni le manipulateur. Je vois un homme. Un homme qui a tout risqué, tout perdu, et qui est encore là, les mains tendues vers moi, attendant je ne sais quel verdict.Il prend mes mains. Ses doigts sont légèrement rugueux, et leur pression es
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