L'été s'est installé en ville comme d'habitude : graduellement, puis complètement. La chaleur monta en puissance tout au long du mois de juin, jusqu'à ce qu'un matin, en sortant, l'air se charge d'une lourdeur, d'une densité particulière. On a alors compris que la négociation était terminée, que l'été avait triomphé et qu'il resterait jusqu'à nouvel ordre.Florence s'est aperçue qu'elle aimait cela. Elle avait toujours aimé la ville en été : son caractère si particulier, si généreux, les terrasses des cafés ouvertes, les parcs remplis de gens qui avaient retrouvé le goût du plein air, cette aisance propre à une ville qui, des mois durant, s'était recroquevillée sous le froid et qui, enfin, se redressait.Le matin, elle se rendait à son travail à pied, dans un air déjà chaud avant huit heures, dans des rues où le rythme était différent de celui de l'hiver : plus lent, avec plus de pauses, les gens s'arrêtant pour jaser, comme le froid les dissuadait. Parfois, elle s'arrêtait elle-même,
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