Le 3 novembre arriva. Ce premier matin de novembre, Florence, café à la main, se tenait à la fenêtre de la cuisine et contemplait le jardin – sa structure même, les plates-bandes débarrassées, l'allée de pierres bordée des derniers vestiges de la saison. Le même jardin qu'elle avait contemplé le premier matin où elle s'était tenue à cette fenêtre, à l'époque où elle vivait dans la chambre d'amis, avant qu'il ne devienne ce qu'il était devenu. Elle l'a regardé et a ressenti cette qualité particulière, cette profondeur, de connaître un lieu à travers toutes ses saisons. Pas seulement savoir à quoi il ressemblait en novembre – savoir ce qu'il avait été en mai, et le mai précédent, et l'avril du deuxième verdict, et l'octobre de la première réunion du conseil d'administration, et tous ces matins intermédiaires, toutes ces tasses de café, toutes les versions d'elle-même qui s'étaient tenues à cette fenêtre et avaient observé le jardin évoluer
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