— ÉlisaLa guerre est finie, et je ne sais pas quoi faire de cette paix. C'est une sensation étrange, presque inquiétante, comme si le sol se dérobait sous mes pieds après avoir été si longtemps un champ de bataille. Pendant des mois, des années, j'ai consacré toute mon énergie à survivre, à témoigner, à me battre. Chaque jour était une lutte, chaque matin une reconquête, chaque soir une trêve précaire. Et maintenant, il n'y a plus de lutte. Plus de reconquête. Plus de trêve à défendre. Il y a un vide, immense, vertigineux, qui m'aspire vers le bas. Et je ne sais pas comment le traverser.Je reste des journées entières dans mon studio, sans peindre, sans écrire, sans sortir. Je regarde le tableau blanc, mais il ne me parle plus. Il est là, silencieux, comme une vieille connaissance qui n'a plus rien à dire. Je regarde par la fenêtre, mais la ville ne me touche plus. Elle est grise, lointaine, irréelle. Je me lève le matin sans but, je me couche le soir sans fatigue, je mange sans faim
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