Lucia arrive à onze heures précises, comme toujours. Je l'entends garer sa petite Fiat sur le gravier de la cour, puis son pas dans l'escalier de la terrasse, puis sa voix qui appelle Giulia. Ma mère ne sonne jamais. Elle entre, elle appelle sa petite-fille, elle pose son sac sur la chaise de l'entrée, elle enlève son manteau, elle va directement à la cuisine vérifier ce que Chiara a préparé. C'est un rituel, immuable, qui date de l'époque où elle venait m'aider après la naissance de Giulia et qu'elle n'a jamais cessé depuis. — Maman. — Ma fille. Tu as bonne mine. Tu as dormi ? — Oui, Maman. — Tu as mangé ? — Oui, Maman. — Tu n'as pas l'air fatiguée, c'est bien. Giulia est où ? — Dans sa chambre. Elle prépare un dessin pour toi. Ma mère sourit, ce sourire qu'elle a toujours quand on parle de sa petite-fille. Elle a soixante-douze ans, les cheveux entièrement blancs maintenant, tirés en chignon comme tous les jours depuis cinquante ans. Elle porte une robe simple, grise, avec
Last Updated : 2026-08-25 Read more