La main de Gabriel était restée dans la sienne jusqu’à la porte intérieure.Puis le réel avait repris sa place, avec ses voix, ses horaires, ses invités, ses dossiers, ses salons trop beaux pour être innocents. Evestine avait retiré ses doigts avec lenteur, non par gêne, mais parce qu’elle comprenait désormais quelque chose d’essentiel : les moments les plus importants n’ont pas toujours besoin d’être prolongés pour devenir vrais.Le soir venu, lorsqu’elle regagna sa chambre d’hôtel, Bruxelles était noyée dans une pluie fine. Les lumières se brisaient sur les pavés, les fenêtres reflétaient des silhouettes pressées, et la ville avait retrouvé ce visage calme qui lui allait si mal lorsqu’on savait ce qu’elle avait abrité de silences, de promesses repoussées et d’humiliations bien tenues.Evestine ferma la porte derrière elle, ôta ses boucles d’oreilles, posa son sac sur la console, puis resta un instant immobile dans la chambre.Elle pens
Ler mais