Pendant longtemps, Evestine s’était interdite un mot.Pas parce qu’il était trop grand.Parce qu’il était trop engageant.Possible.Elle avait accepté les cafés, les promenades, les musées, les silences calmes, les baisers sans vertige, les après-midi hors de Paris, les gestes qui ne réclamaient rien et qui, justement pour cela, devenaient de plus en plus précieux. Elle avait laissé Gabriel entrer dans ses jours avec cette lenteur maîtrisée des femmes qui ont appris à protéger leur paix sans pour autant condamner leur cœur à l’hiver.Mais au fond d’elle, une part restait encore prudente.Pas méfiante de lui.Prudente d’elle-même.Comme si elle refusait encore de regarder trop nettement ce qui était en train de naître, de peur de lui donner un poids trop rapide ou, pire, de se surprendre à désirer déjà davantage.Le tournant arriva un dimanche matin, sans scène, sans déclaration, sans événement assez spectacu
Read More