ElenaIl ne faut pas se tromper de titre.Le premier baiser, ce n'est pas celui de la voiture, à Sienne, à minuit passé. Celui-là, c'était un baiser-signal. Un baiser-contrat. Un baiser qui disait j'ai changé la nature de la chose, tu peux enregistrer. Il n'a pas duré trois secondes. Il n'a rien changé dans mon corps.Le vrai premier baiser, c'est celui d'un soir d'été, quatre mois plus tard, sur la terrasse de ma maison à Castel del Poggio.Nous avons passé l'hiver et le printemps à avancer d'un cran, très lentement. Un dîner à Sienne toutes les six semaines, puis toutes les quatre. Deux visites de Matteo à Castel del Poggio en avril et en mai — chaque fois un après-midi, chaque fois il redescendait le soir. Un déplacement de moi à Milan en mars, où j'ai vu son appartement pour la première fois, sans y dormir : il m'avait offert un café, m'avait montré la bibliothèque de son père, m'avait présenté deux amis intimes qui étaient venus prendre l'apéritif, m'avait raccompagnée à la gare
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