ElenaLes mois qui suivent, je disparais.Pas physiquement. Physiquement, je suis là, à Castel del Poggio, dans ma petite maison de pierre. Le boulanger, l'épicière, le curé et le facteur me voient tous les jours, ils me disent bonjour, je leur dis bonjour. On commence à me connaître. Le boulanger sait que j'aime les michettes croustillantes et pas les grands pains. L'épicière garde pour moi les meilleures oranges de son fournisseur sicilien. Le facteur, un jeune homme de vingt-cinq ans qui s'appelle Marco et qui conduit une petite mobylette rouge, monte jusqu'à ma maison même quand il n'y a qu'une seule lettre pour moi, il ne la met pas dans la boîte au bas de la ruelle, il monte, il sonne, il me la tend en main propre, il me dit bonjour Signora Ferraro, il repart.Je disparais dans un autre sens.Je disparais dans le travail.Chaque matin, je me lève à six heures. Le feu de la cheminée s'est éteint pendant la nuit — je le rallume, je remets deux bûches. Je fais mon café dans la cafe
อ่านเพิ่มเติม