LOGINTu n'es personne...juste une substitute.. Alessia Bianchi avait un cerveau qui valait des millions et un cœur qui valait encore moins aux yeux de Leonardo Conti. Personne ne savait ce qu'elle était vraiment. Aux yeux de tous, elle n'était que l'épouse discrète, sans histoire, sans ambition. Chercheuse en biotechnologies sur le point de déposer un brevet révolutionnaire, elle a cru que l'aimer suffirait. Elle a rangé ses dossiers, avalé ses « vitamines » en réalité des contraceptifs et s'est effacée. Cinq ans plus tard, Olivia Greco refait surface. Leonardo, sans un regard, lui annonce froidement : « Divorçons. Tu n'as jamais été autre chose que son substitut. » Elle part sans une larme, emportant ses données. Lui ne perd pas une seconde : il avait épousé la chercheuse, pas la femme. Des années après, Alessia signe un rachat à huit chiffres avec un laboratoire américain. Le monde découvre alors qui elle est vraiment. Mais un autre homme guette depuis l'ombre. Matteo De Luca, héritier d'un empire pharmaceutique, n'a jamais voulu seulement le brevet. Il la veut, elle. Plus riche, plus puissant, plus patient que Leonardo, il dépose une offre que personne n'oserait refuser : un mariage qui ferait d'elle la femme la plus influente du secteur. Leonardo, soudainement pris d'un désespoir très opportun, change de disque : « Divorcer ? Impossible. Tant que je n'ai pas signé, tu es ma femme. Pour la vie. » Mais entre un mari qui l'a trahie et un milliardaire qui la courtise, Alessia n'a plus besoin de choisir. Pour la première fois, c'est elle qu'on convoite. Et ça n'a pas de prix.
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Le réveil sonne à six heures. Je l'éteins avant qu'il ne dérange Leonardo. Il dort encore. Il dort toujours plus tard que moi. Ses cheveux bruns sont éparpillés sur l'oreiller blanc comme des racines mortes. Ses lèvres sont entrouvertes, laissant échapper une respiration lente, régulière, paisible. Il est beau. Il est toujours beau.
C'est ce qui me tue. Cette beauté. Cette perfection. Cet homme que j'ai choisi, que j'ai aimé, pour qui j'ai tout sacrifié. Il est beau, et il ne me voit pas. Il est beau, et il ne m'a jamais vue.
Je le regarde. C'est mon moment. Le seul moment de la journée où je peux le regarder sans qu'il détourne les yeux. Sans qu'il me dise que je l'ennuie. Sans qu'il me fasse sentir que je suis de trop, que je prends trop de place, que je n'ai pas ma place ici. Quand il dort, il ne peut pas me rejeter. Quand il dort, il est encore l'homme qui m'a choisie. Quand il dort, je peux faire semblant qu'il m'aime encore.
— Leonardo, murmuré-je.
Ma voix est à peine un souffle. Un souffle dans le silence de la chambre. Un souffle qu'il n'entendra pas. Il ne m'entend jamais. Même quand je crie, il ne m'entend pas. J'ai crié une fois, il y a trois ans. Je lui ai crié que je souffrais, que j'étais seule, que je n'existais plus. Il m'a regardée, il a haussé les épaules, il est sorti. Depuis, je ne crie plus. Depuis, je murmure. Depuis, je suis un murmure dans une maison vide.
Il ne bouge pas. Ses paupières ne frémissent pas. Sa respiration ne change pas. Il est dans un sommeil profond, un sommeil de juste, un sommeil d'homme qui n'a rien à se reprocher, rien à craindre, rien à regretter. Il dort comme il vit. Sans moi.
Je me lève. La chambre est froide. Le froid de l'aube, le froid du marbre, le froid de cinq ans d'absence. Le parquet grince sous mes pieds nus. Chaque grincement est une plainte. Chaque plainte est un souvenir. Je prends ma robe de chambre sur la chaise , une chaise Louis XVI, dorée, précieuse, comme tout dans cette maison , je l'enfile, je sors sur la pointe des pieds. Je suis une voleuse. Je vole des regards. Je vole des instants. Je vole ce qu'il ne veut pas me donner.
La villa est silencieuse. C'est le seul moment où elle est belle. Quand le soleil se lève sur les jardins, quand la lumière rose traverse les grandes baies vitrées, quand les ombres sont encore longues et douces, quand tout est calme. Dans une heure, les domestiques arriveront avec leurs chuchotements et leurs regards en coin. Dans deux heures, Leonardo se lèvera, enfilera son costume, deviendra l'homme d'affaires, l'héritier Conti, celui qui possède tout. Dans trois heures, il partira. Et je serai seule. Comme tous les jours. Comme tous les jours depuis cinq ans.
Je descends l'escalier en marbre. Trente-deux marches. Je les ai comptées le premier jour. Je les compte encore parfois, quand le vide est trop grand, quand j'ai besoin de me rappeler que quelque chose est réel, que quelque chose existe. Mes doigts glissent sur la rampe en fer forgé. Il fait froid. Tout est froid dans cette maison. Le marbre, le fer, le verre, l'acier. Leonardo a choisi chaque matériau. Froid. Imposant. Impénétrable. Comme lui. Comme notre mariage.
La cuisine est immense. Des comptoirs en granit noir poli comme un miroir, des appareils en acier qui ronronnent dans le silence, des lumières halogènes qui s'allument automatiquement quand j'entre, comme si la maison elle-même me voyait à peine, comme si elle m'enregistrait sans me reconnaître. Je pourrais avoir une cuisinière. Je pourrais avoir dix cuisinières. Je pourrais avoir une armée de domestiques pour préparer son café. Mais je préfère faire moi-même. Je préfère préparer son café. C'est la seule chose que je fais pour lui, chaque jour. La seule chose qu'il accepte de moi. La seule chose qui ne le dérange pas. La seule chose qui ne prend pas trop de place.
Je sors la tasse du placard. Je sais exactement laquelle il veut. Celle en céramique blanche, sans motif, sans fioriture, sans rien qui pourrait attirer l'attention. Il n'aime pas les motifs. Il n'aime pas les fioritures. Il n'aime pas ce qui attire l'attention. Il n'aime pas ce qui existe trop fort. Il m'a choisie pour cette raison. Parce que je n'attirais pas l'attention. Parce que j'étais discrète. Parce que j'étais une page blanche, un espace vide, un silence agréable.
Je prépare l'expresso. La machine siffle dans le silence de la cuisine. Le café coule, noir, épais, parfumé. Un parfum qui me rappelle les débuts. Les débuts où je préparais le café avec le cœur battant, où je montais l'escalier en souriant, où je posais la tasse sur la table de chevet en espérant qu'il me prendrait la main, qu'il me dirait merci, qu'il me regarderait. Deux sucres. Je compte les grains. Il les veut précisément dosés. Une cuillère d'eau froide pour le tempérer. Il ne supporte pas le café trop chaud. Il ne supporte pas trop d'émotion. Il ne me supporte pas trop .
Je l'ai fait tous les matins pendant cinq ans. Mille huit cent vingt-six cafés. Mille huit cent vingt-six matins à me lever avant lui, à préparer sa tasse, à monter l'escalier avec le plateau qui tremble un peu entre mes mains. Mille huit cent vingt-six fois où j'ai espéré qu'aujourd'hui serait différent. Mille huit cent vingt-six fois où j'ai été déçue. Mille huit cent vingt-six fois où il ne m'a pas remerciée.
Je pose la tasse sur le plateau en bois d'ébène. Je prends le journal qu'il lit tous les jours, je le plie soigneusement, je le pose à côté. Le Figaro. Il lit Le Figaro. Il lisait Le Monde, avant. Il a changé quand nous nous sommes mariés. Comme si le mariage l'avait rendu plus conservateur, plus dur, plus fermé. Comme si j'étais responsable de ce changement. Comme si ma présence l'obligeait à se refermer.
Je monte l'escalier. Mes mains ne tremblent pas. Elles ont cessé de trembler il y a longtemps. Mon corps a appris. Mon corps s'est habitué à ne plus rien attendre. C'est ce que font les corps, quand on les maltraite. Ils s'habituent. Ils s'engourdissent. Ils cessent de sentir la douleur. Mon corps ne sent plus rien. Mon corps est une coquille vide que j'habite par habitude, par lâcheté, par peur de ce qu'il y a dehors.
J'ouvre la porte de la chambre. Il est réveillé. Il est assis dans le lit, le dos contre la tête de lit en bois sculpté. Ses épaules sont droites, sa mâchoire est serrée, son regard est fixé sur l'écran de son téléphone. Il ne me regarde pas. Il ne me regarde jamais. Il m'a regardée pendant six mois, avant le mariage. Juste assez longtemps pour me conquérir. Juste assez longtemps pour me faire croire qu'il me voyait. Depuis, ses yeux sont ailleurs. Sur son téléphone. Sur Olivia. Sur tout ce qui n'est pas moi.
— Bonjour, dis-je.
Ma voix est douce. Elle est toujours douce. Je ne sais plus faire autrement. Je ne sais plus crier, je ne sais plus me fâcher, je ne sais plus exister. Je suis devenue ma voix. Douce. Effacée. Invisible.
— Mmh.
C'est sa réponse. Un son. Pas un mot. Un son qui pourrait être un grognement, une approbation, une indifférence. Un son qu'il fait pour que je sache qu'il a entendu, mais qu'il ne répondra pas. Un son qui dit : je suis là, mais pas pour toi. Un son qui dit : tu peux parler, je n'écoute pas.
Je choisis de croire que c'est un bonjour. Je choisis de croire beaucoup de choses. Je choisis de croire qu'il va me regarder un jour. Je choisis de croire qu'il va m'aimer un jour. Je choisis de croire que ces cinq années n'ont pas été une erreur. C'est comme ça que je tiens. C'est comme ça que je ne me jette pas par la fenêtre. En choisissant de croire des mensonges.
— J'ai préparé ton café.
— Pose-le là.
Je t'aime. Je ne sais pas comment te le dire autrement. Les mots sont trop petits, trop pauvres, trop faibles pour contenir ce que je ressens. Mais je t'aime. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne. Je t'aime comme je ne savais pas qu'on pouvait aimer. Je t'aime à en perdre le souffle, à en oublier qui je suis, à en devenir quelqu'un d'autre. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime.Je voulais te le dire, mais les mots restent coincés dans ma gorge quand tu me regardes. Alors je t'écris. Pour que tu saches. Pour que tu n'oublies jamais.Je suis à toi. Pour toujours.Elena »Les larmes coulent sur mes joues. Chaudes, salées, vivantes. Elena. J'avais signé Elena. Parce que c'était mon nom. Parce que c'était moi. Parce que j'étais encore quelqu'un.
Je continue de lire. Les mots défilent, beaux, tristes, vivants. Le soleil monte dans le ciel, il traverse les branches du cèdre, il dessine des taches de lumière sur les pages. Le vent est léger, il fait bouger les feuilles, il fait danser les roses. Il y a des oiseaux quelque part, je les entends chanter. L'herbe sent bon, la terre sent bon, la vie sent bon.Je suis presque bien. Presque. Il y a une douceur dans l'air, une légèreté dans la lumière, une paix dans le silence. Je pourrais presque oublier. Oublier la villa vide, le lit froid, les dîners seule, les nuits sans sommeil. Oublier Olivia, ses yeux verts, son sourire éclatant. Oublier Leonardo, son absence, son indifférence, sa beauté qui est une insulte.Mais je n'oublie pas. Je n'oublie jamais. Il manque quelque chose. Il manque quelqu'un. Un regard. Une ma
AlessiaLe matin est doux. La lumière traverse les rideaux blancs, elle dessine des ombres pâles sur le parquet ciré. Je me lève avant le réveil, comme toujours, comme si mon corps avait oublié comment dormir, comment se reposer, comment être vivant. Je prépare son café. Deux sucres, une cuillère d'eau froide. Je monte l'escalier, je pose le plateau sur la table de chevet. Il dort encore. Il ne me voit pas. Il ne me voit jamais.Je redescends. Je bois mon café seule dans la cuisine, face à la baie vitrée qui donne sur le jardin. Le jardin. Les roses. Des centaines de roses, des milliers de roses, rouges, blanches, roses, jaunes. Un océan de pétales qui brillent sous le soleil du matin. Un océan de beauté qui ne m'est pas destiné.Après son départ, après le bruit de la porte qui claque, après le silence qui retombe comme une chape de plomb, je sors. Je traverse la terrasse en pierre, mes pieds nus sur les dalles encore fraîches de la nuit. L'herbe est humide de rosée. Je la sens sous m
J'attends.Le silence de la villa m'enveloppe. Il est épais, lourd, presque palpable. Je pourrais le toucher si je tendais la main. Le silence de cinq ans de mariage. Le silence de mille huit cent vingt-six nuits passées seule. Le silence d'une femme qui a oublié le son de sa propre voix.J'attends une heure. Deux heures. La lumière baisse dehors, le soleil se couche sur les jardins, les ombres s'allongent sur le carrelage. Les courgettes refroidissent dans l'assiette. La vapeur disparaît. L'odeur s'estompe. Tout redevient froid.Il ne rentre pas.Je me sers. Je mange seule. Les saveurs explosent dans ma bouche, l'ail, la tomate, le basilic, l'huile d'olive. Ma grand-mère serait fière de moi. Ma grand-mère pleurerait si elle me voyait. Seule dans cette cuisine immense, à manger un plat qu'elle m'a appris, pour personne, devant une chaise vide.Je mange lentement. Chaque bouchée est une défaite. Chaque bouchée est une acceptation. Il ne rentrera pas ce soir. Il ne rentrera pas demain.












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