VILANOVA La colère est une chose propre. Elle a des contours nets, des raisons claires, des coupables désignés. On peut la regarder en face, la nommer, la porter comme une armure contre le reste du monde. Le désir, lui, est une chose sale. Il s'infiltre par les fissures, il profite des faiblesses, il se glisse là où on ne l'attend pas. Il n'a pas de logique, pas de morale, pas de frontières. Il est là, simplement, comme une marée qui monte sans qu'on puisse l'arrêter. Je le haïssais, ce désir. Je le haïssais parce qu'il venait au pire moment, au pire endroit, chez le pire homme. Je le haïssais parce qu'il trahissait tout ce que j'avais décidé d'être : une femme debout, une femme libre, une femme qui ne se laisserait plus jamais prendre dans les filets des autres. Et pourtant, il était là. Palpable comme une fièvre. Présent comme une o
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