VILANOVALa pluie tombait depuis le matin.Elle ne frappait pas les vitres avec violence ; elle glissait dessus avec une obstination froide, comme si le ciel s’était installé pour durer, pour peser sur la maison entière et lui rappeler qu’il existe des jours où la lumière renonce sans faire de bruit.Je me tenais près de la grande fenêtre du salon bleu, une tasse de thé entre les mains, à regarder le jardin se dissoudre lentement sous le gris. Les rosiers ploiaient sous l’eau. Les allées de gravier disparaissaient par endroits. Au loin, les cyprès formaient une ligne sombre, presque sévère, comme une frontière que personne n’était censé franchir.La maison était silencieuse, mais ce n’était pas un silence paisible. C’était celui, lourd et tendu, qui précède les mauvaises nouvelles. Celui qui rampe le long des murs. Celui qui vous entre dans le corps sans que vous sachiez encore pourquoi.Depuis plusieurs jours, quelque chose s’était déplacé ici.Ma mère parlait moins qu’à l’ordin
Last Updated : 2026-04-09 Read more