La matinée s'étirait, lente et lourde, comme un drap mouillé sur lequel on aurait jeté tous les secrets du monde.Maya était assise devant la coiffeuse de la chambre, les mains posées à plat sur le bois verni. Elle se regardait dans le miroir, mais elle ne se reconnaissait pas.Ses yeux étaient ceux d'une étrangère. Une femme qui avait trop vu, trop appris, trop douté.Son ventre s'arrondissait sous la robe légère. Le bébé bougeait parfois, de petites vibrations qui auraient dû être des joies et qui étaient devenues des rappels, des échéances, des comptes à rebours.Elle inspira profondément.Elle devait y aller.Rafe était dans le salon, affalé sur le canapé, son bras bandé posé sur un coussin. Il lisait son téléphone d'une main, l'air concentré.Elle descendit l'escalier en faisant le moins de bruit possible.Il leva la tête.« Tu sors ? »Sa voix était calme, sans soupçon.« J'
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