Dans la voiture, nous ne parlâmes pas. Mais nos mains, posées sur la banquette, se frôlèrent. Je ne retirai pas la mienne. Il ne retira pas la sienne.Chez Édouard, le vieil homme était installé dans un fauteuil roulant, près de la cheminée. Il avait maigri, ses joues étaient creuses, mais ses yeux brillaient.– Léa, ma chère, dit-il en me tendant la main. Que vous êtes belle.– Bonsoir, Édouard. Vous allez mieux ?– On ne va jamais mieux à mon âge. On survit. Mais votre présence me réchauffe.Julien s’assit à côté de son grand-père. Je m’assis en face. Une domestique servit le dîner – un potage, puis un poisson, puis une tarte aux pommes. Tout était parfait, discret, élégant.Pendant le repas, Édouard parla de sa jeunesse, de sa femme, de l’entreprise. Julien répondait, souriait, jouait son rôle. Moi, je jouais le mien – la petite amie attentionnée, qui rit aux anecdotes, qui pose les bonnes questions, qui pose sa main sur celle de Julien de temps à autre.– Vous êtes amoureux ? dema
Last Updated : 2026-04-23 Read more