Chapitre 23XimenaLa première chose que je vois, c'est le châle rose de ma mère. Cette étoffe de soie indienne qu'elle porte depuis toujours, un châle fané par les lavages, brodé de fils d'argent ternis, qu'elle enroule autour de ses épaules comme une armure de tendresse. Doña Elena Salazar Contreras se tient derrière la vitre des arrivées, le dos droit, les cheveux gris acier relevés en un chignon serré. Elle ne sourit pas. Elle regarde droit devant elle, le visage grave, les mains jointes sur son sac à main en lézard.À ses côtés, mes deux frères. Santiago, l'aîné, trente-deux ans, un mètre quatre-vingt-dix de muscles et de barbe naissante, les bras croisés sur une poitrine large. Il porte son éternel blouson en cuir fatigué, celui qu'il avait déjà à l'adolescence et qu'il refuse de jeter. Mateo, le cadet, vingt-trois ans, plus mince, plus anguleux, les lunettes en écaille sur le nez. Il tient un panneau en carton sur lequel il a écrit, d'une écriture enfantine, “Ximena, reine du m
آخر تحديث : 2026-05-02 اقرأ المزيد