Chapitre 2XimenaL’aube tarde à blanchir les fenêtres. Je reste dans le noir, les draps froissés jusqu’à la taille, la peau moite malgré la climatisation silencieuse. Le chagrin de cette nuit ne s’est pas évaporé au matin ; il s’est concentré, durci, noyau dense que je roule sous ma langue comme un poison volontaire. À six heures précises, je me lève, je descends, je change la nappe. Le lin taché de cire va dans le sac de pressing. Le gâteau, je le jette entier, d’un seul bloc, dans la poubelle de l’office. La cuisine reprend son ordre impeccable, sans mémoire, sans témoin.Je prépare le petit-déjeuner de Gael. Café noir, sans sucre, à température exacte de soixante-cinq degrés, je le sais parce que j’ai testé avec un thermomètre les premiers mois, quand je croyais encore que la perfection des détails pouvait gagner son cœur. Je dépose la tasse sur le plateau avec le verre d’eau citronnée, le journal économique plié en trois, la serviette en coton blanc, immaculée. Aucun indice de l’a
Last Updated : 2026-04-29 Read more