Chapitre 141GaelLa salle d’accouchement est blanche, éclairée par des néons, froide et chaude à la fois. Les murs sont blancs, le sol en linoléum gris, le plafond bas, des plaques de faux plafond où sont encastrés les spots. L’odeur du désinfectant flotte, âcre, chimique, mêlée à celle du métal des instruments, du sang, de la sueur, de la peur et de la joie. Des machines bipent, des écrans affichent des chiffres, des lignes, des courbes. Le cœur de Ximena, le cœur de l’enfant, des vagues vertes, des pics réguliers.Ximena est allongée sur le lit, ses cheveux collés à son front, des mèches brunes, humides, plaquées sur ses tempes. Son visage est pâle, marbré, des taches rouges sur les joues, des cernes profonds sous les yeux. Ses mains serrent les miennes, ses doigts crispés, ses ongles s’enfoncent dans ma peau, laissant des petits croissants blancs qui rosissent aussitôt. Ses jointures sont blanches, ses bras tremblent.— Pousse, dit la sage-femme. Une femme grande, forte, les cheve
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