Chapitre 51 Gael Le téléphone est lourd dans ma main. Un poids de plomb, de granit, de culpabilité. Je suis assis dans le fauteuil bleu, celui de Ximena, et je fixe l'écran lumineux qui affiche le contact de Mateo Salazar. Mon pouce flotte au-dessus du bouton "appeler", hésitant, tremblant. La dernière fois que j'ai appelé ce numéro, c'était il y a des semaines, et Mateo m'avait raccroché au nez. "Laisse-la tranquille, Gael. C'est le seul cadeau que tu puisses encore lui faire." Ses mots résonnent encore dans ma tête, lancinants, accusateurs. Le seul cadeau. La laisser tranquille. Mais je n'y arrive pas. Chaque jour, je regarde la photo de l'exposition, son sourire, ses toiles. Chaque nuit, je rêve d'elle, de sa robe bleu nuit, de la cire des bougies, de son dos droit quand je traversais le salon sans la regarder. Je ne peux pas la l
آخر تحديث : 2026-05-23 اقرأ المزيد