Chapitre 42GaelLe dressing de Ximena est une pièce que je n'avais jamais ouverte. Elle s'y enfermait parfois, le matin, pour choisir ses robes, et j'entendais le bruissement des tissus, le claquement des cintres, le pas léger de ses pieds nus. Je ne me demandais jamais ce qu'elle faisait, ce qu'elle portait, ce qu'elle ressentait. Je ne me posais pas de questions. Aujourd'hui, dans le silence du penthouse vidé de Valeria, je pousse la porte.La pièce est vide. Les étagères sont nues, les tiroirs ouverts, les cintres oscillent doucement dans le courant d'air du climatiseur. Elle a tout emporté, ou presque. Ses robes, ses chaussures, ses bijoux fantaisie, ses sacs. Il ne reste que l'odeur, une odeur de fleur d'oranger et de quelque chose de plus épicé, de plus profond. Son odeur. Celle de la tubéreuse qu'elle portait le soir de son anniversaire. Celle de sa nuque quand je m'approchais par hasard.Je reste debout au milieu du dressing, idiot, les bras ballants, à respirer cette odeur.
آخر تحديث : 2026-05-13 اقرأ المزيد