Chapitre 151LudovicaLa nuit est tombée sur la villa, épaisse et silencieuse, comme une couverture de plomb qui pèse sur les murs de pierre, sur les toits de tuiles rouges, sur les cyprès centenaires qui montent la garde dans le jardin. Les étoiles sont invisibles derrière les nuages bas qui courent dans le ciel, et la mer, en bas, est noire, seulement devinée au bruit des vagues qui cognent contre les rochers avec une régularité sourde et implacable.Je suis assise dans le salon de musique, les mains posées sur mes genoux, les doigts crispés sur le tissu de ma robe en coton bleu pâle. La lampe à huile est allumée, sa flamme vacillante projetant des ombres mouvantes sur les murs lambrissés, sur le piano calciné dont les cordes tordues brillent faiblement par endroits, sur les meubles anciens aux bois patinés par les années. L'odeur de la cire d'abeille, du bois ciré, des roses fanées qui se flétrissent dans un vase sur le rebord de la fenêtre flotte dans l'air, mêlée à celle, plus lé
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