Chapitre 18LudovicaLa joue me brûle encore quand la porte se referme. Le bruit de ses pas décroît dans le couloir, et je reste plantée au milieu de la salle à manger, seule avec les miettes du petit-déjeuner et le goût du sang dans la bouche. Ma main est toujours pressée contre ma pommette, paume moite, doigts écartés. Je ne pleure pas. Je ne pleurerai pas. La gifle n'a pas fait couler une seule larme.Ce qui coule, en revanche, c'est une jouissance noire, acide, qui monte du creux de mon ventre comme une bile vengeresse.Il m'a frappée. Il a perdu le contrôle. Lui, Drago Valenti, le monstre de marbre, le bourreau au sang-froid d'acier, il a levé la main sur moi comme un mari ivre dans un bouge napolitain. Et ce geste, cette claque, aussi humiliante soit-elle, n'est rien en comparaison de ce qu'il m'a déjà fait.Je fixe la porte close, et mes lèvres articulent en silence, sans son, rien que pour moi, rien que pour le fantôme de mes dix-huit ans.— Tu m'as déjà fait pire.Les syllabe
Terakhir Diperbarui : 2026-05-01 Baca selengkapnya