Le premier lundi matin arriva avec la régularité aveugle des choses ordinaires. Alice se réveilla à cinq heures, bien avant que les premiers rayons du soleil ne parviennent à percer la chape de nuages gris qui pesait sur Aureval en ce début d'août. Pendant quelques secondes, suspendue dans le flou du réveil, elle prolongea l'illusion des dix dernières années. Elle s'attendit à entendre le froissement des draps à sa gauche, le soupir lourd de Bruno qui s'étirait, ou le bruit familier de ses pas nus sur le ciment lisse de la chambre en direction de la douche.Puis la réalité s'abattit d'un coup, froide et massive. Le côté gauche du lit était parfaitement fait, le drap tendu, sans un pli, comme la veille au soir. Bruno n'était pas là. Il ne reviendrait pas ce soir, ni le lendemain.
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