CHAPITRE 82LE POINT DE VUE DE CLAIRE MORELLe noir d'abord.Ce noir épais, sans rêves, sans sons — ce genre d'obscurité qu'on ne choisit pas et dont on revient lentement, par couches, comme remonter depuis le fond d'une eau très profonde.Des sons d'abord.Des voix lointaines. Un bruit de porte. Quelque chose de métallique.Puis la douleur.Pas une douleur vive — une douleur sourde dans les poignets, cette circulation coupée, ces liens que je sentis avant de les voir. Et dans la tête — ce poids, cette lourdeur de quelqu'un qui s'est réveillée trop vite depuis quelque chose de chimique.J'ouvris les yeux.Un plafond.Bas. En béton. Une ampoule nue qui pendait — cette lumière jaune et froide qui n'éclairait pas vraiment, qui créait des ombres plus qu'elle ne les dissipait.Je tournai la tête.Des murs. En parpaing. Une porte en métal sur ma gauche.Je regardai mes mains.Attachées devant moi — des liens en plastique, ces serres-câbles épais. Mes chevilles aussi — j'en pris conscience p
Read more