Elles arrivèrent d’abord au compte-gouttes, quelques-unes par jour, que Sophie lui apportait sur un plateau comme s’il s’agissait de trésors précieux. Puis le flot grossit, devint torrent, et bientôt, ce furent des centaines, des milliers de lettres qui parvenaient à la fondation, envoyées de toute la France, de toute l’Europe, du monde entier. Des lettres écrites à la main, sur du papier à lettres parfois jauni, parfois déchiré, parfois taché de larmes. Des lettres de femmes, surtout, mais aussi d’hommes, de jeunes, de vieux, de tous ceux qui avaient été touchés par son histoire.Chaque soir, en rentrant chez elle, Elena s’installait dans le canapé du salon, une tasse de thé à la main, et elle lisait ces lettres. Certaines étaient longues, détaillées, racontant des vies entières de souffrance et de silence. D’autres étaient brèves, réduites à quelques mots griffonnés à la hâte sur un coin de nappe. Mais toutes disaient la même chose : merci. Merci d’avoir parlé, merci d’avoir osé, me
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