Chapitre 36Nadia Dans cette obscurité étouffante, dans ce réduit exigu où nos corps sont pressés l'un contre l'autre sans échappatoire possible, je ferme les yeux à mon tour, j'essaie de calmer mon cœur qui bat trop vite, j'essaie de respirer lentement, profondément, pour ne pas céder à la panique, pour ne pas hurler, pour ne pas m'effondrer, et c'est alors que je la sens, que je la respire, que je la reconnais. Son odeur. L'odeur de Volkov. Sous les effluves de cuir de son manteau, sous l'odeur âcre de la cigarette qu'il a fumée avant l'opération, sous le parfum métallique de la sueur et de la peur et de l'adrénaline, il y a autre chose, quelque chose de plus profond, de plus ancien, de plus intime. Une note familière qui remonte du passé, qui traverse les années, qui perce le brouillard de ma mémoire, et qui vient me frapper en pleine poitrine comme un coup de poing, comme une décharge électrique, comme une révélation
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