Le soir venu, ils dînèrent dans la petite auberge, à la lueur des bougies. La patronne leur avait préparé une dorade grillée, des pommes de terre sautées, une tarte aux pommes. Ils mangèrent lentement, savourant chaque bouchée, échangeant des regards complices et des sourires muets.— Demain, il faudra rentrer, dit Gabriel.— Je sais. Mais je ne suis pas triste.— Moi non plus. Parce que ce n’est qu’un au revoir. Nous reviendrons. Ou nous irons ailleurs. L’important, ce n’est pas le lieu. C’est nous.— Oui. C’est nous.Après le dîner, ils remontèrent dans leur chambre, s’allongèrent côte à côte, et restèrent longtemps sans dormir, à parler dans le noir, à se raconter des souvenirs, des rêves, des espoirs. Puis le sommeil les prit, doucement, comme une vague qui emporte tout sur son passage.Ce soir-là, dans son carnet, Éléonore écrivit :« Aujourd’hui, nous avons marché, parlé, nous nous sommes tus. Aujourd’hui, nous avons retrouvé la simplicité. Celle qui ne coûte rien, celle qui ne
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