Elle se leva lentement, enfila un peignoir, descendit pieds nus dans la cuisine. La femme de ménage n’arriverait que dans deux heures. Pour l’instant, la demeure tout entière lui appartenait, vaste et silencieuse comme un musée après la fermeture.Elle se prépara un café qu’elle but debout, adossée au plan de travail. Le liquide brûlant lui irrita la gorge, mais elle en avait besoin. Elle avait mal dormi. La soirée de la veille tournait encore dans sa tête, les visages, les conversations, le toast de Gabriel. « Sans elle, je ne saurais même pas où sont rangées les assiettes. » La phrase lui revenait par vagues, comme une nausée légère.Elle n’était pas blessée. Elle était fatiguée. C’était différent.La journée s’écoula sans heurt. Éléonore s’occupa comme elle pouvait : elle répondit à des courriers, confirma une réservation pour un dîner d’affaires la semaine suivante, appela le fleuriste pour remplacer les compositions fanées. Des tâches minuscules, sans importance, qui remplissaien
Zuletzt aktualisiert : 2026-05-29 Mehr lesen