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Chapitre 120

last update 게시일: 2026-06-29 02:41:32

Chapitre 120

Noam

Le manuscrit était posé sur la table du salon, un carnet de moleskine noire aux pages noircies d'une écriture fine et régulière, et je l'avais lu en une nuit, sans pouvoir m'arrêter, sans pouvoir le reposer, sans pouvoir retenir les larmes qui coulaient sur mes joues à chaque page, des larmes que je n'essuyais même plus, que je laissais couler librement, témoins silencieux de mon émotion. Dehors, le vent de janvier gémissait contre les volets de bois, et la neige tombait en fl
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    Chapitre 145NoamJe restai un long moment immobile sur le parvis de la faculté, les mains dans les poches de mon manteau, les yeux fixés sur les portes de l'amphithéâtre qui s'étaient refermées derrière Livia comme un rideau de théâtre à la fin du premier acte. Le vent d'automne faisait tourbillonner les feuilles mortes sur les pavés, des feuilles de platane et de marronnier qui crissaient sous les pas des étudiants, et le ciel était d'un gris tendre, chargé de nuages qui s'effilochaient vers l'horizon en longues traînées cotonneuses. Les étudiants continuaient de se presser autour de moi, leurs rires, leurs conversations, leurs pas pressés sur le gravier, mais je ne les entendais plus, je ne les voyais plus. Tout mon être était tendu vers cette porte close, vers cette silhouette gracile que je venais de voir disparaître, vers cette petite fille qui avait grandi trop vite et qui, aujourd'hui, entrait dans le monde des adultes.Je ne sais pas combien de temps je restai ainsi, debout,

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    Chapitre 144LiviaLivia entra à l'université par une matinée d'automne, sous un ciel lavé de pluie, les bras chargés de livres et le cœur gonflé d'espoir. Elle avait dix-huit ans, des yeux gris hérités de Noam, des boucles brunes héritées de moi, et une détermination qui n'appartenait qu'à elle. Elle avait choisi la médecine, comme sa mère, et s'était inscrite à la faculté d'Aix-en-Provence, où elle pourrait étudier tout en restant proche du mas, à moins d'une heure de route par les collines. Ses yeux brillaient d'une flamme que je connaissais bien, cette flamme qui m'avait animée trente ans plus tôt, quand j'étais à sa place, jeune, brillante, passionnée, et que le monde s'ouvrait devant moi comme un livre aux pages vierges. Elle portait une blouse blanche toute simple, un jean, des baskets, et elle avait relevé ses boucles brunes en un chignon approximatif qui s'effondrait déjà, des mèches folles s'échappant de l'élastique pour danser autour de son visage.La faculté de médecine d'

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    Chapitre 143ÉlinaLe rire de Noam, ce rire rare et précieux qui creusait une fossette sur sa joue droite, résonnait encore dans mes oreilles tandis que nous quittions la réception, main dans la main, et que nous montions dans la voiture qui devait nous ramener au mas. La nuit était douce, une de ces nuits de septembre où l'air est si tiède qu'il caresse la peau comme un tissu de soie, les étoiles brillaient au-dessus des collines par milliers, et je sentais mon cœur si plein de bonheur qu'il semblait prêt à déborder. Monsieur Delarive-Vauclerc. Il avait dit cela avec une simplicité désarmante, sans ironie, sans orgueil, comme une évidence, et cette évidence me bouleversait plus que tous les discours, plus que toutes les médailles, plus que tous les honneurs que j'avais reçus.La voiture filait à travers les collines endormies, les oliviers défilaient derrière la vitre comme des ombres argentées, et le chant des cigales se mêlait au ronronnement du moteur. Noam conduisait en silence,

  • Il l'a perdue pour toujours    Chapitre 142

    Chapitre 142NoamLa réception battait son plein dans le hall du Centre Ivoire-Delarive, ce bâtiment de verre et d'acier que nous avions inauguré quelques années plus tôt et qui était devenu le cœur battant de la recherche médicale européenne. Les lustres de cristal jetaient des éclats sur les robes de soirée et les costumes sombres, et un quatuor à cordes jouait du Mozart dans un coin de la salle, leurs archets glissant sur les cordes avec une précision qui forçait l'admiration. Les murs étaient ornés de photographies retraçant l'histoire d'Aurora Labs, depuis les premières cultures cellulaires jusqu'à la remise du prix Nobel, et des écrans diffusaient en boucle les témoignages de patients guéris, ces visages souriants qui rappelaient à tous pourquoi nous étions là. L'air embaumait le champagne et les fleurs, un mélange de roses blanches et de lys, et le brouhaha des conversations formait un fond sonore joyeux, ponctué de rires et d'exclamations.Je me tenais en retrait, adossé à une

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    Chapitre 141ElinaLes distinctions se mirent à pleuvoir comme une averse d'honneurs, une pluie d'or et de lumière qui venait couronner des décennies de travail acharné, de nuits blanches passées à éplucher des données, de sacrifices consentis dans le silence et la solitude. L'Académie des sciences lui décerna sa plus haute distinction, la Médaille d'or de la recherche médicale, lors d'une cérémonie solennelle sous les ors de la Coupole, dans cet Institut de France où les fantômes des grands savants semblaient murmurer entre les colonnes de marbre. Les lustres de cristal jetaient des feux multicolores sur les robes de soirée et les habits verts des académiciens, et l'air sentait la cire d'abeille, le vieux cuir et le parfum des fleurs qui ornaient les travées. Élina, vêtue d'une robe de velours bleu nuit, le pendentif de météorite brillant à son cou, écouta l'éloge que prononça le président de l'Académie d'une voix tremblante d'émotion, et quand elle monta sur l'estrade pour recevoir

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    Chapitre 140SuccèsLa nouvelle arriva un matin de juin, alors que le soleil se levait à peine sur les collines de Provence et que les premiers rayons, encore timides, caressaient les pierres blondes du mas. J'étais dans la cuisine, pieds nus sur les dalles fraîches, une tasse de café fumant à la main, quand le téléphone sonna. C'était Thomas, et sa voix tremblait tellement que je crus d'abord à une mauvaise nouvelle.— Docteur Delarive, dit-il, la voix étranglée, c'est approuvé. La thérapie génique est approuvée. L'Agence européenne du médicament vient de donner son feu vert. Nous avons réussi.Je restai pétrifiée, la tasse de café suspendue entre mes doigts, le cœur battant à tout rompre. Dehors, les merles chantaient dans les cyprès, le vent faisait frémir les branches des oliviers, et le monde continuait de tourner comme si de rien n'était, comme si la plus grande avancée médicale du siècle n'avait pas été annoncée. Noam, qui lisait son journal sur la terrasse, leva les yeux vers

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    Chapitre 5 AdrienLe restaurant où j'ai donné rendez-vous à Chloé est un écrin de velours grenat perché au sommet d'une tour haussmannienne, une adresse confidentielle que seuls les habitués connaissent et où les tables sont disposées assez loin les unes des autres pour que les conversations reste

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    Chapitre 4 — Élina (flash-back)J'avais vingt ans et le monde m'appartenait, ou du moins c'est ce que je croyais en franchant chaque matin les portes vitrées du laboratoire de recherche où mes doigts dansaient sur les pipettes et les éprouvettes avec la grâce innée de ceux qui ont trouvé leur place

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