Se connecterChapitre 163Épilogue ÉlinaQuand vint mon tour, je me levai à mon tour, mes doigts serrés autour de mon verre, et je regardai Noam, cet homme qui avait changé ma vie, cet homme qui m'avait sauvée, protégée, aimée comme personne ne m'avait jamais aimée. Il se tenait debout près de sa chaise, sa haute silhouette se découpant contre la lueur des bougies, et je voyais dans ses yeux gris une émotion qu'il ne cherchait plus à dissimuler. Les bougies dansaient dans ses prunelles, et je vis qu'il retenait ses larmes, lui qui ne pleurait jamais, ou presque, lui qui avait affronté les pires dangers sans jamais trembler et qui, ce soir, devant tous nos amis, devant notre fille, devant notre petit-fils, laissait paraître son émotion, laissait tomber les masques, laissait parler son cœur. Je pris une longue inspiration, sentant le parfum des roses et de la lavande qui montait du jardin, et je commençai à parler, ma voix douce mais ferme.— Noam, quand je t'ai rencontré, je ne savais plus ce que
Chapitre 162NoamQuand vint mon tour de parler, je me levai lentement, mes doigts serrés autour du verre de cristal dont les facettes captaient la lumière des bougies et la renvoyaient en mille éclats, et je parcourus l'assemblée du regard, tous ces visages qui nous étaient chers, tous ces témoins de notre histoire, tous ces amis qui avaient traversé avec nous les tempêtes et les accalmies. Il y avait là Lucas, mon plus ancien compagnon d'armes, qui avait combattu à mes côtés dans les services secrets et qui m'avait sauvé la vie plus d'une fois ; il y avait Sarah, notre analyste en cybersécurité, qui avait démasqué tant d'ennemis et qui portait ce soir une robe vert émeraude qui faisait ressortir ses yeux ; il y avait les chercheurs d'Aurora Labs, ceux qui avaient travaillé avec Élina pendant des décennies et qui étaient devenus bien plus que des collègues ; il y avait les patients guéris, ceux qui devaient leur vie à ma femme et qui ne manquaient jamais une occasion de lui témoigner
Chapitre 16170 ansIls fêtèrent leur anniversaire de mariage par une soirée de septembre, dans le jardin du mas, sous la tonnelle de glycines centenaires qui les avait vus échanger leurs premiers vœux trente ans plus tôt, et qui avait été le témoin silencieux de toutes leurs joies, de toutes leurs épreuves, de toutes leurs victoires. Les tables étaient dressées sur la pelouse fraîchement tondue, nappées de lin blanc amidonné qui brillait doucement sous les étoiles, éclairées par des centaines de bougies qui dansaient dans des photophores de verre dépoli, et les guirlandes suspendues aux branches noueuses des oliviers centenaires jetaient une lumière douce et dorée sur les visages émus des invités. Tous leurs amis étaient là, ceux qui les avaient accompagnés depuis le début de leur aventure, les chercheurs d'Aurora Labs qui avaient travaillé avec Élina et qui étaient devenus comme une seconde famille, les patients guéris devenus des proches qui ne manquaient jamais une occasion de leu
Chapitre 160NoamLe soir tombait sur les collines de Provence, et le ciel s'embrasait de pourpre et d'or, comme un dernier hommage à notre histoire, comme une promesse d'éternité gravée dans les nuages qui s'effilochaient à l'horizon en longues traînées roses et orangées. Les oliviers centenaires étendaient leurs ombres allongées sur la terre rouge et craquelée par l'été, les cigales chantaient leur mélopée stridente dans les cyprès, et le parfum des lavandes montait du jardin comme une offrande, se mêlant à l'odeur de la pierre chauffée et du thym sauvage. Élina se tenait debout près de la balustrade de la terrasse, le petit Raphaël dans les bras, sa silhouette gracile découpée contre l'incendie du couchant, et je restai un instant en retrait, à la contempler, à graver cette image dans ma mémoire, à me dire que j'avais de la chance, la plus grande chance du monde, une chance que je n'aurais jamais osé imaginer.Elle avait vieilli, mais sa beauté n'avait rien perdu de son éclat ; ell
Chapitre 159ÉlinaComblée. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce que je ressentais, assise sur la terrasse du mas, quelques semaines plus tard, le petit Raphaël endormi dans mes bras. Le soleil de juin était doux, presque tendre, et il caressait ma peau sans la brûler, tandis que le vent portait le parfum entêtant des lavandes en fleur et le chant lointain des cigales qui stridulaient dans les cyprès élancés. Le bébé pesait à peine plus qu'un oiseau, qu'un moineau tombé du nid, mais son poids dans mes bras était celui du monde entier, de tout ce que j'avais traversé, de tout ce que j'avais construit, de tout ce que j'avais aimé. Sa respiration était légère, régulière, et je sentais son petit cœur battre contre ma poitrine, ce cœur qui venait de commencer sa longue route, ce cœur qui battrait bien après que le mien se serait arrêté.Je regardais le chemin parcouru, ce long chemin de ténèbres et de lumière qui m'avait menée jusqu'ici, jusqu'à cette terrasse, jusqu'à cet enfant,
Chapitre 158NoamL'enfant naquit par une nuit de mai, dans la chambre même où Livia avait vu le jour trente ans plus tôt, cette chambre aux murs de pierre blonde que nous avions repeinte en blanc cassé pour l'occasion, et quand la sage-femme déposa le petit être rouge et fripé dans mes bras, je sentis mon cœur s'arrêter, suspendu dans le silence de cette chambre baignée par la lumière douce des bougies qui dansaient dans leurs photophores de verre dépoli, puis repartir, plus fort, plus profond, plus vivant que jamais. C'était un garçon, un tout petit garçon aux poings serrés comme deux minuscules coquillages ramassés sur une plage, aux yeux encore clos bordés de longs cils noirs qui frémissaient à chaque battement de paupières, et il poussa un cri grêle, un cri qui emplit la pièce et qui me transperça l'âme comme une flèche de lumière. Il portait déjà le nom que Livia et son mari, ce jeune interne en cardiologie aux yeux doux et aux mains fines qu'elle avait fini par épouser après de
Chapitre 22ÉlinaNoam Delarive m'a donné rendez-vous dans le petit salon de la résidence qu'il occupe sur la côte, une bâtisse de pierre blanche accrochée à la falaise, dont les baies vitrées plongent sur l'océan gris qui moutonne à perte de vue. La maison est isolée, loin de la route, loin du vil
Chapitre 21AdrienLe carton est apparu ce matin au fond d'un placard que j'avais oublié, dans l'ancienne lingerie du deuxième étage que Chloé veut transformer en dressing, et c'est en vidant les étagères poussiéreuses que je suis tombé dessus. La pièce est exiguë, mal éclairée par une ampoule nue
Chapitre 20ÉlinaLa salle de conférence du laboratoire est une pièce aux murs blancs, froide et fonctionnelle, que l'on a débarrassée de ses équipements pour y installer une longue table ovale entourée de chaises ergonomiques, et l'écran de projection qui descend du plafond tremble légèrement sous
Chapitre 19AdrienTrois mois ont passé depuis qu'Élina a disparu, et le divorce a été prononcé dans l'indifférence feutrée d'un cabinet d'avocats, une formalité administrative qui n'a pris que quelques minutes, une signature au bas d'un document, un tampon, et le nom de Vauclerc s'est effacé de no







