Chapitre 40 Ariane Le carnet est petit, à peine plus grand que ma main, relié de cuir vert émeraude que j'ai choisi il y a des années dans une papeterie de ma ville natale, une petite boutique nichée au coin de la rue principale, tenue par un vieil homme aux doigts tachés d'encre qui connaissait chaque client par son prénom. Je l'avais acheté pour y noter mes idées, mes croquis rapides, mes inspirations soudaines qui me venaient au milieu de la nuit et que je ne voulais pas oublier au réveil. Il est resté vide pendant tout mon mariage, abandonné dans le coffret en bois de rose avec mes autres trésors, attendant patiemment que je retrouve l'envie d'écrire, l'envie de penser, l'envie d'exister. Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, je l'ouvre. La page est vierge, blanche, immaculée, et elle me regarde comme u
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