Chapitre 58Rafael Elle dort. Du moins, c'est ce que je crois, c'est ce que j'espère, c'est ce que je me répète en regardant son visage dans la pénombre de cette chambre d'hôtel baignée par la lueur argentée de la lune qui filtre à travers les rideaux légers et qui danse sur ses traits comme une caresse. Son souffle est devenu régulier et profond, ses cils ont cessé de battre contre ses joues, ses lèvres se sont entrouvertes dans un abandon total, et tout son visage s'est détendu, s'est apaisé, a perdu cette tension légère qu'elle porte toujours entre ses sourcils, ce pli de responsabilité et d'inquiétude qui ne la quitte jamais, même dans ses meilleurs moments. Elle est belle, si belle dans le sommeil, d'une beauté qui n'a rien à voir avec les artifices ou les apprêts, une beauté pure, naturelle, d&
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