Chapitre 110AdrianElara m'attend devant la prison, assise sur un banc de pierre, un livre à la main qu'elle ne lit pas vraiment. Elle a insisté pour m'accompagner, pour faire la route avec moi, pour être là à la sortie, et je n'ai pas refusé, je n'ai pas voulu refuser. Le vent soulève ses cheveux, elle a relevé le col de son manteau, et elle tourne les pages de son livre sans les voir, le regard perdu vers l'horizon gris. Elle se lève en me voyant franchir les portes de la prison, et son visage s'illumine d'une expression de soulagement, de tendresse, d'amour. Elle ne me demande pas comment ça s'est passé, elle ne me pose pas de questions, elle se contente de marcher vers moi, de poser ses mains sur mes joues, de plonger son regard dans le mien.Je marche vers elle, le cœur étrangement léger, comme si je venais de déposer un fardeau que j'avais porté toute ma vie sans même m'en rendre compte, un fardeau si lourd, si ancien, que je ne savais plus ce que c'était que de vivre sans lui.
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