Ils quittèrent Cendre-Noire au matin gris, sans bannière, sans escorte visible, avec juste assez de marchandises pour ressembler à une petite délégation commerciale et juste assez d’armes pour survivre si le commerce décidait soudain de parler plus franchement. Mara les accompagna jusqu’au deuxième relais. Elle n’était ni grande dame ni guerrière. Elle n’en était que plus efficace. À Cendre-Noire, elle dirigeait l’un des réseaux les plus sous-estimés du territoire : laveuses, couturières, passeuses de linge, veuves de soldats, femmes de quai, guérisseuses de marché. Toutes celles que les hommes voient sans vraiment les regarder. Toutes celles qui savent, par nécessité, où passent les sacs, les fièvres, les dettes et les corps. Elle tendit à Aelys une petite bourse de toile. — Des jetons de port, dit-elle. Trois vrais, deux faux. Et les noms que tu peux prononcer sans qu’on te mente trop. Aelys pesa la bourse dans sa paume. — Et ceux qu’il vaut mieux ne pas prononcer ? Mara sou
آخر تحديث : 2026-08-10 اقرأ المزيد