Un autre projectile. Une pomme pourrie cette fois. Elle m'atteint à la nuque, explose, répand sa chair molle et son jus infect dans mes cheveux. L'odeur sucrée de la pourriture se mêle à celle du garum, de la sueur, de la peur. Mes cheveux sont poisseux. Mes mains tremblent. Mes yeux me brûlent , pas de larmes, non, je ne pleurerai pas, je refuse de pleurer , mais d'une rage si pure, si blanche, qu'elle me consume comme un feu intérieur.Je presse le pas. Mon cœur bat à tout rompre, si fort que je l'entends dans mes oreilles, un tambour sourd qui couvre presque les huées. Le panier tangue à mon bras. Les oignons roulent sur les pavés, un à un, comme des billes. Je ne les ramasse pas. Je ne m'arrête pas. J'avance, la tête droite, les poings serrés, les ongles plantés dans les paumes. La douleur est une ancre. La douleur est une preuve que je suis encore vivante.Enfin, enfin, je quitte le marché. Les voix s'estompent. Les rires s'éloignent. La foule se referme derrière moi comme une me
Huling Na-update : 2026-07-30 Magbasa pa