Livia Les semaines passent, lentes, interminables, comme un fleuve de boue qui s'écoule vers nulle part. Le travail ne s'arrête jamais. Les champs s'étendent à perte de vue, une mer de terre brune et de blé vert qui exige des bras, des dos, des sueurs, du sang. Le contremaître Varus est partout à la fois, son fouet à la main, sa voix rauque qui aboie des ordres, ses petits yeux de fouine qui surveillent, qui comptent, qui punissent. Il nous traite comme des bêtes, pire que des bêtes. Les bêtes, on les ménage, on les soigne, on les nourrit. Nous, on nous épuise, on nous affame, on nous brise. Et nous obéissons, parce que nous n'avons pas le choix, parce que la rébellion serait du suicide, parce que la mort est la seule alternative à la servitude. Mais ce soir, quelque chose change. Je rentre dans l'appentis, épuisée, les mains en sang, le dos brisé, les jambes si lourdes que j'ai l'impression de traîner des boulets. La
Last Updated : 2026-08-23 Read more