Elle me regarde, et je vois dans ses yeux qu'elle a compris , qu'elle a compris que ce n'est pas de la logique, c'est de la peur. Que je suis un homme qui a failli la perdre deux fois, et que la troisième alerte, même bénigne, même médicalement banale, a rouvert toutes les vannes. Elle n'insiste plus. Elle me tend la main, et je la prends, et nous restons comme ça, elle dans le lit, moi dans le fauteuil, nos doigts noués, jusqu'à ce qu'elle s'endorme.Et cette nuit-là, la septième ou la huitième, Rosa se réveille à minuit, affamée, le lait tiré n'y faisant rien , elle veut les bras, elle veut la voix, elle veut la berceuse. Je la prends contre moi, je retourne m'asseoir dans le fauteuil avec elle, et je chante. La berceuse de ma mère. Rosa s'apaise en trois couplets, comme toujours , cette enfant et cette chanson, c'est une magie que je n'expliquerai jamais.Je dois m'endormir comme ça. Rosa endormie sur ma poitrine, ma tête renversée contre le dossier du faut
Dernière mise à jour : 2026-09-09 Read More