ChiaraIl arrive un vendredi soir, dix-huit jours après mon exil, sans prévenir. Je suis dans la cuisine, en train de rater des pâtes, quand j'entends un moteur sur le chemin, pas la voiture de Viktor, partie en courses. Une berline banale, grise, louée sans doute. Il en descend, et même de loin, même à travers la fenêtre embuée, je vois qu'il a maigri, qu'il porte la fatigue comme un second manteau, et que ses yeux cherchent la maison, mes fenêtres, moi, avant même d'avoir refermé la portière.Je cours. Moi qui ne cours jamais vers lui, moi qui ai fait de la retenue une doctrine, je cours dans le chemin de terre, en chaussons, et il me rattrape à mi-chemin, et son étreinte m'arrache du sol. Il sent le froid, la route, et quelque chose en dessous que je connais par cœur, ce parfum boisé qui est la seule chose stable de ma vie chaotique.&
Dernière mise à jour : 2026-10-04 Read More