Je me souviens encore de ma première rencontre avec 'Le Comte de
monte-cristo' au lycée, et ce qui m'a marqué, c'est à quel point chaque symbole semblait tissé dans la trame même de la vengeance. Prenez la mer, par exemple. Elle représente à la fois la prison pour Edmond (l'île d'If, cet enfer au milieu des flots) et le chemin vers la liberté et la renaissance. Quand il est jeté à l'eau, ligoté, c'est une mort symbolique ; quand il en ressort, c'est une nouvelle naissance, lavé de son ancienne identité. C'est un élément de purification et de transformation absolue.
Ensuite, il y a les trésors. L'or et les joyaux de l'île de Monte-Cristo ne sont pas juste une fortune. Ils sont le carburant de la métamorphose. Ils symbolisent le pouvoir, bien sûr, mais aussi la connaissance et les moyens de manipuler le monde. Sans ce trésor, le comte ne serait qu'un homme brisé ; avec lui, il devient une force quasi divine, capable de récompenser et de punir. Et n'oublions pas le poison. Utilisé par Villefort et Mme de Villefort, il incarne la corruption cachée, le mal qui ronge de l'intérieur les familles et la société, bien plus dangereux qu'une épée.
Enfin, le titre lui-même, 'Le Comte de Monte-Cristo', est un symbole. C'est un masque, une armure. Edmond Dantès n'existe plus ; à sa place se dresse ce personnage mystérieux et tout-puissant, aussi froid et imposant que le rocher dont il porte le nom. Ce symbole montre comment la souffrance peut transformer un homme en une idée, en une incarnation de la justice et de la vengeance.