
Nulle rencontre à la chute des fleursTrois jours après le début de notre silence glacial, mon fiancé a accepté sans hésiter la proposition de sa jeune assistante : partir sillonner le pays en voiture.
Il était convaincu que je réagirais comme à mon habitude : jalouse, colérique, prête à tout pour le retenir. Mais il n'avait pas imaginé qu'à son retour, un mois plus tard, il me trouverait totalement changée.
Lorsqu'il a aidé son assistante à s'emparer du projet que j'avais moi-même développé, je n'ai pas démissionné par dépit comme je l'aurais fait autrefois. Au contraire, je me suis montrée d’un sérieux irréprochable ; j'ai pris soin de chaque détail et j’ai même peaufiné le plan pour elle avec le plus grand soin, comme si cela ne me faisait rien.
Pour que son assistante obtienne la prime annuelle, il a détruit le projet sur lequel j'avais travaillé dur pendant de nombreuses nuits. Je n'ai pas cherché à me justifier, je n'ai pas tenté de prouver mon innocence ; au contraire, j’ai encaissé les reproches sans un mot, telle une étrangère indifférente.
Même lorsqu'il a annoncé qu'il allait la promouvoir au poste de directrice générale, je n'ai montré aucun signe de colère. J’ai même cédé toutes mes actions, le laissant les répartir à sa guise.
L'assistante, de plus en plus arrogante, s'est blottie contre lui pour se vanter :
« Tu vois, j'avais raison », a-t-elle glissé d'un ton suffisant. « On ne peut pas s'y prendre par la force avec Louise, il faut la traiter par l'indifférence. C'est ton absence d'un mois qui a porté ses fruits ; elle a tellement peur de te perdre qu'elle est devenue parfaitement docile. »
Mon fiancé la croyait sur parole, ne cessant de vanter son intelligence et sa finesse. Plus tard, il est venu me trouver pour me faire des promesses empreintes d'une fausse bienveillance : non seulement il m'offrait une promotion et une augmentation, et il me promettait aussi, pour la première fois, un mariage inoubliable que le monde entier nous envierait.
Il avait complètement oublié que, pendant son voyage, il avait déjà signé la démission que je lui avais remise.
Et moi, j'avais déjà rompu avec lui, définitivement.
C'est à ce moment-là que tout s'est terminé entre nous.