ログインROMYJe soutiens son regard une seconde de trop, juste pour lui prouver que ses menaces ne me font pas trembler, même si mon cœur bat la chamade. Je me dégage de son étreinte avec une lenteur calculée et je me dirige vers la console où Margo a déposé l’encas.C’est un assortiment de fines tranches de jambon ibérique et de quelques fruits découpés. Je saisis le plateau et reviens m’asseoir juste en face de lui. Caleb a repris sa tablette, mais je sens son attention braquée sur moi comme un projecteur.Je retire mes escarpins d’un geste désinvolte, les laissant tomber lourdement sur la moquette. Puis, avec une audace qui me surprend moi-même, je lève une jambe et pose mon pied nu directement sur sa cuisse, là où le tissu de son pantalon de costume est le plus tendu.Il s’immobilise. Son regard quitte l’écran pour se poser sur mes orteils qui dessinent de petits cercles sur son genou.— Qu’est-ce que tu fais, Romy ? sa voix est basse, un grondement d’avertissement.— Je mange, Caleb. Com
ROMYLe vrombissement des réacteurs enveloppe la cabine d’un cocon de vibrations sourdes. À dix mille mètres d’altitude, le monde et ses règles semblent s'être évaporés. Il n’y a plus que cet espace de cuir, de bois précieux, et cet homme qui s’obstine à m’ignorer.Caleb est penché sur sa tablette, ses sourcils froncés sur des graphiques boursiers. Sa concentration est une insulte. Je sens l'agacement monter, cette envie irrépressible de briser sa vitrine de glace, comme je l'ai déjà fait tant de fois.Je me lève lentement, laissant mes talons claquer sur le sol avant de s'enfoncer dans la moquette épaisse. Je m’approche de son siège, contournant la table jusqu’à ce que mon ombre tombe sur son écran. Il ne lève pas les yeux, mais je vois sa mâchoire se contracter. Il sait que je ne vais pas le lâcher.— Tu sais, Caleb, à force de fixer ces chiffres, tu vas finir par oublier la raison biologique de ce voyage, dis-je d’une voix traînante.Je pose une main sur le dossier de son fauteuil
ROMYLe trajet vers l’aéroport du Bourget commence dans un silence de cathédrale. Caleb est assis à l’arrière de la Bentley, le regard rivé sur son iPad, ses doigts glissant sur l’écran avec une précision mécanique. Il m’ignore totalement, comme si je n’étais qu’un bagage de plus rangé sur le siège en cuir.C’en est trop. Je déteste être ignorée. Je bouge sur mon siège, faisant délibérément grincer le cuir. Je croise et décroise les jambes, laissant mon talon heurter son mocassin de luxe.Il ne cille pas.— Tu sais, Caleb, commencé-je d’une voix traînante, j’ai lu que le stress était très mauvais pour la fertilité. Si tu m’enfermes comme une criminelle à Anvers, mon corps risque de se braquer. Ce serait dommage de gâcher une semaine de “travail” à cause de ton autoritarisme, non ?Il marque un temps d’arrêt, son doigt suspendu au-dessus d’un graphique boursier, mais il ne lève pas les yeux.— Ton corps fera ce pour quoi il a été payé, Romy. Ne joue pas à l’apprentie médecin avec moi.
ROMYLe lendemain matin, je suis debout bien avant que l’alarme de mon téléphone n’ait eu le temps de vibrer. L’adrénaline est un bien meilleur réveil que le café noir qu’on m’a servi en silence. Je refuse de lui offrir la moindre prise, le moindre prétexte pour une remarque cinglante sur ma ponctualité ou ma nonchalance. Ma valise est bouclée, mon tailleur-short gris perle est impeccable, et j’ai passé vingt minutes à peaufiner mon maquillage pour qu’il ressemble à une armure de guerre.Quand Caleb pousse la porte de ma chambre, il ne frappe pas. Il entre chez lui, dans sa propriété. Son regard balaie ma silhouette avec une rapidité d’expert, comme s’il évaluait la pureté d’un diamant brut avant de décider de sa taille.— Avez-vous déjeuné, Romy ?Sa voix est un scalpel, dénuée de toute chaleur matinale.— Pourquoi cette question ? je demande en arquant un sourcil, tout en ajustant une boucle d’oreille.— Parce qu’on m’a rapporté que vous n’aviez rien touché, répond-t-il d’un ton mon
ROMYLe claquement de la porte d’entrée a résonné dans tout le penthouse comme un coup de fusil, faisant vibrer les baies vitrées qui surplombent Paris.Je suis restée un long moment immobile, le corps encore tendu, les oreilles sifflantes, fixant le bois sombre de la porte close.L’air dans la pièce semble encore saturé de l’électricité qu’il a laissée derrière lui, cette odeur de cuir, d’ambre et de fureur froide qui caractérise Caleb Wright lorsqu’il perd le contrôle.Lentement, je laisse échapper un long soupir que je ne savais même pas retenir. Mes doigts, qui serraient nerveusement la reliure de mon livre, se desserrent enfin. Je le pose sur la table basse avec une délibération presque solennelle, un geste de victoire silencieuse.Puis, un sourire étire mes lèvres. Un petit sourire d’abord, discret, presque incrédule, qui finit par s’élargir alors que l’adrénaline se diffuse dans mes veines.Je l’ai eu.Je me redresse sur le canapé, savourant le silence de ma chambre qui, il y a
CALEBJe claque la porte de mon bureau, les tempes battantes. Cette gamine va finir par me rendre fou. « Conclure avec le jardinier » ? L’image de ses mains sur elle me brûle la rétine, une vision de pur blasphème qui me donne envie de tout raser sur mon passage.D’ailleurs, je vais sûrement le faire remplacer. La pensée s’impose, froide et sans appel. Je ne connais même pas le nom de cet homme qui s’occupe du parc, mais il est déjà un mort en sursis dans mon esprit. Remplacer.Le mot cogne contre mes parois crâniennes. Elle a utilisé cette image avec une précision chirurgicale, sachant exactement quel nerf piquer.Elle veut me faire croire que je suis interchangeable ?Que n’importe quel exécutant pourrait remplir ma part du contrat si je m’absente trop longtemps ?Elle ne sait pas à quel point c’est dangereux de me défier sur le terrain de la propriété.Je m’installe lourdement dans mon fauteuil en cuir et fixe l’écran de mon ordinateur. Un mail attend ma réponse.C’est l’un de mes
ROMYLe silence revient, lourd, étouffant, chargé de l’odeur aseptisée des plateaux alignés sur ma table basse.Je m’approche, presque malgré moi, comme attirée par une force invisible, et soulève le film du petit-déjeuner de demain.Ça ne sent rien. Ou plutôt, ça sent le « sain », l’aseptisé, le c
ROMYJe laisse glisser mon sac au sol et je prends ma tête entre mes mains. Oh non, pas ça.Oui, j’ai signé pour louer mon ventre, j’ai accepté le contrat, les cliniques et les injections... mais je n’avais pas signé pour toute cette sérénade ! Caleb est en train de transformer ma vie en camp d’entr
CalebLe silence de mon bureau n’est troublé que par le ronronnement discret des serveurs, un bourdonnement grave et constant qui fait vibrer l’air comme un cœur mécanique.Je suis enfoncé dans mon fauteuil en cuir pleine fleur, le dossier légèrement incliné pour que mon regard reste parfaitement a
RomyLe matin arrive trop vite, comme un invité qu’on n’a pas vraiment envie de voir.La lumière grise de janvier se faufile entre les rideaux mal tirés, et mon réveil sonne à 7 h 00 pile. Pas le genre de sonnerie douce qui monte progressivement. Non. Une alarme stridente, mécanique, que j’ai mise







