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APRÈS UNE NUIT AVEC LUI…
APRÈS UNE NUIT AVEC LUI…
Author: Jaanai

1

Author: Jaanai
last update Huling Na-update: 2026-01-26 04:43:31

LOUISE

— Je démissionne.

Romain se retourna brusquement. Son regard se posa sur l’enveloppe que je tenais encore, comme si elle venait de se transformer en arme chargée. Puis ses yeux revinrent vers moi, incrédules.

— C’est quoi, ça ?

— Ma démission.

Son visage se vida de sa couleur.

— Quoi ?

— Je—

— Non.

— Romain… je ne te demande pas l’autorisation. Je pars.

Il m’arracha l’enveloppe des mains, la déchira sans même la lire, puis la lança dans la corbeille avec une violence sèche.

— Tu ne feras rien de tel.

Voilà. On y était.

Il traversa le bureau à grandes enjambées et ouvrit la porte.

— Retourne à ton poste. Et travaille.

— Non.

— Fais. Ce. Que. Je. Dis, murmura-t-il, la voix basse, dangereuse.

— Non.

— Ne me dis pas non ! explosa-t-il. Tu travailles pour moi, pas l’inverse.

— Plus maintenant. Je ne travaille plus pour toi.

Sa mâchoire tressaillit. Il claqua la porte et se retourna, les poings serrés.

— Et tu comptes aller où, exactement ? Chez un concurrent ? Ne me prends pas pour un imbécile.

— Je prends du temps. Pour moi.

Je croisai les bras. Je connaissais cette colère. Je l’avais vue cent fois. Toujours la même, toujours théâtrale.

— Tu ne peux pas te le permettre.

— Si.

— Sors-toi cette idée absurde de la tête, Louise, hurla-t-il en faisant les cent pas.

Je levai les yeux au ciel.

— Dehors ! cria-t-il, le visage rouge, une veine battant à sa tempe.

Je pris une inspiration lente.

— Inutile d’être aussi dramatique, Romain.

— J’ai déchiré ta lettre. Elle n’existe plus. Prends la journée. Tu réfléchiras.

— Non. J’ai déjà envoyé ma démission aux ressources humaines. Je termine le vingt février.

— Quoi ? Quatre jours ?!

— Oui.

— Dehors.

Sa voix était devenue glaciale.

— Très bien.

Je tournai les talons et sortis. La porte claqua derrière moi si violemment que les vitres vibrèrent.

Mon dieu.

Je m’assis à mon bureau, relâchant un souffle que je retenais depuis trop longtemps.

Bam.

Je sursautai. Quelque chose venait de heurter sa porte. Sans doute son pot à stylos.

Toujours excessif.

Bzzz.

J’appuyai sur l’interphone.

— Oui, monsieur Montclair ?

— Travaillez !

Je pinçai l’arête de mon nez.

J’avais besoin de café. Urgemment. Beaucoup trop tôt pour ce genre de scène.

Je me dirigeais vers la kitchenette quand l’ascenseur sonna.

Romain surgit de son bureau, l’air possédé.

— Fuite de gaz à cet étage. Évacuez, lança-t-il à Gauthier.

— Pardon ? bredouilla le pauvre garçon. J’appelle quelqu’un ?

— C’est déjà fait. Tout le monde au niveau deux aujourd’hui. Préviens les autres. Mets un mot dans l’ascenseur.

Je fermai les yeux.

Évidemment.

Bien sûr que cette journée serait infernale.

Je revins avec mon café.

— On doit travailler au niveau deux, m’expliqua Gauthier, nerveux. Il y a une fuite de gaz.

— Oh. D’accord. Je prends mes affaires.

Romain me fixa et pointa son bureau.

— Un mot, mademoiselle Dubois.

Gauthier nous regarda, perdu.

— Vas-y, Gauthier, dis-je doucement. Monsieur Montclair a respiré trop de gaz. Il délire.

Les yeux de Gauthier s’écarquillèrent.

— Oh… je dois appeler une ambulance ?

— AU NIVEAU DEUX, GAUTHIER ! rugit Romain.

Gauthier détala vers l’ascenseur.

Je m’assis calmement, ouvris mon ordinateur et me mis à taper.

Romain faisait les cent pas devant mon bureau, comme un fauve en cage.

— Très bien. Vingt pour cent d’augmentation.

Je continuai à taper.

— Vingt-cinq. Et c’est mon dernier mot.

Silence.

— Non merci.

— Comment ça, non merci ?! Qu’est-ce que tu veux ?

— Ce n’est pas une question d’argent.

— Tout est une question d’argent.

Je levai les yeux au ciel.

— Cinquante pour cent.

— Non.

— Le double de ton salaire. Et tu ne m’adresses plus la parole. C’est du chantage, Louise !

Je secouai la tête.

— Tu t’entends parler ?

Il recommença à tourner en rond. Moi, je faisais semblant de travailler. Et, honteusement, le voir perdre pied me donnait une étrange sensation de pouvoir.

— Très bien. N’achète rien chez Tiffany aujourd’hui. Je n’ai pas besoin de ce cadeau.

Mes doigts se figèrent.

Ah.

C’était ça. J’avais oublié. Les bijoux pour la blonde du moment.

Des années à faire ça. À sourire. À ravaler ce pincement dans la poitrine.

Je levai lentement les yeux.

— Pourquoi tu dis ça ?

— C’est ça, non ? murmura-t-il.

— On ne va pas avoir cette discussion.

— Si. On va l’avoir.

Je me levai.

— Je pars parce que j’ai acheté une maison.

Il recula, sincèrement surpris.

— Une maison ?

— À Roussillon.

— Où ça ?

— En Provence.

— Pourquoi la Provence ?

— Parce que… c’est le moment.

— Le moment de quoi ? De devenir ermite ?

— Je veux un jardin. Un chien. Peut-être une famille.

Ma voix trembla malgré moi.

— Paris ne m’offrira jamais ça.

Il resta silencieux.

— J’ai besoin de partir, Romain.

— Paris est chez toi.

— J’y suis depuis douze ans. Et je n’ai rencontré personne.

Je me tus.

— Il faut que j’avance.

Il se figea.

— Tu me quittes ? murmura-t-il.

— Je n’ai pas le choix.

Il me regarda comme s’il me voyait enfin.

— Je suis désolée.

Il serra les dents, puis retourna dans son bureau sans un mot. La porte claqua.

Je me laissai retomber sur ma chaise. Les larmes brûlaient.

Tu étais censé me supplier de rester.

Mon téléphone vibra.

Romain :

N’achète pas de meubles avant que je te parle.

Je fixai l’écran.

Mes mains devinrent froides.

Qu’est-ce que ça voulait dire ?

Je ne devrais pas répondre.

Mais mon dieu… j’en avais déjà envie.

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