تسجيل الدخولDorian pose sa main sur la table, un geste qui fait trembler les verres. — Assez, Morgane. La décision est prise. La charte sera rédigée, promulguée, et appliquée. Si cela ne vous convient pas, vous pouvez vous retirer de la cour. Elle se retire, en effet, mais pas de la cour. Dans un silence hostile qui est sa seule forme de protestation. La charte prend forme peu à peu. Dix articles. Le premier abolit le droit du vainqueur. Les suivants garantissent aux prisonniers de guerre le droit à la vie, à l'intégrité physique, à un traitement digne. Ils interdisent la torture, le viol, l'exécution sommaire. Ils prévoient des échanges de prisonniers, des rachats, des procès équitables. Nous travaillons tard dans la nuit, souvent. La chambre du roi est devenue un bureau envahi de parchemins, de grimoires, de notes. Dorian dicte, je corrige. Ou l'inverse. Nous nous disputons sur des virgules, sur des formulations, sur des points de détail qui prennent des proportions cosmiques. — Tu es
Je le guide en moi, lentement, consciemment. L'union est douce, profonde, presque immobile. Nous ne bougeons pas tout de suite, laissant nos corps s'habituer l'un à l'autre, laissant la chaleur monter, laissant nos souffles se synchroniser. Puis, je commence à onduler, un mouvement de houle, un rythme de marée. Mes mains sont posées sur son torse, je sens son cœur battre sous ma paume, puissant et régulier. Ses mains enserrent mes hanches, mais il n'impose pas de cadence. Il suit. Il épouse. — Imagine, murmuré-je. Imagine notre enfant. Un petit garçon aux cheveux noirs, avec tes yeux et mon sourire. Ou une petite fille blonde, avec ma curiosité et ton courage. — Une fille, répond-il, la voix rauque. Une petite Rose. Elle aura ta force et ta clémence. Elle régnera un jour sur un royaume en paix. — Ou un garçon. Un petit Loup. Il aura ta puissance et ton honneur. — Il aura surtout ta sagesse. Sans cela, la puissance n'est rien. Nous rions doucement, et nos rires se perdent da
Liora Le temple d'Ashara a changé quelque chose entre nous. Pas dans la surface des jours, pas dans les gestes du quotidien , Dorian est toujours le roi, je suis toujours la reine, et la cour continue de tourner autour de nous comme une ronde d'ombres et de lumières. Mais dans la profondeur, dans le silence des nuits, dans la façon dont nos regards se croisent et se retiennent, une nouvelle dimension s'est ouverte. Nous ne sommes plus seulement amants. Nous sommes partenaires. Complices. Égaux. Et c'est de cette égalité nouvelle qu'est né le désir qui nous occupe aujourd'hui. Un enfant. Un héritier. Le fruit de notre union. L'idée a germé lentement, comme une graine plantée dans la terre fertile du temple. Au début, c'était une pensée fugace, une image qui traversait l'esprit dans les moments de silence : un enfant aux cheveux de soleil et aux yeux de glace, un petit être qui serait la synthèse de nos deux mondes, la preuve vivante que la haine peut se transformer en amour. Puis
La Grande Prêtresse est restée impassible. Moi, j'ai senti mon cœur se serrer. Il venait de me dire ce que je savais déjà, mais l'entendre de sa bouche, en aveu volontaire, était autre chose. — Liora, dit la Grande Prêtresse. As-tu quelque chose à confesser ? J'ai pris une grande inspiration. Ma voix était calme, claire. — Je le savais. J'ai découvert la prophétie dans la Bibliothèque d'Ombres, il y a des mois. J'ai lu le Codex. J'ai vu les notes de Dorian. Et à ce moment-là, j'ai juré de me venger. De retourner son plan contre lui. De le briser comme il voulait me briser. Dorian a relevé la tête, sidéré. La surprise, l'incrédulité, puis une sorte d'admiration incrédule ont traversé son visage. — Tu savais ? Depuis tout ce temps ? — Depuis le Jardin Secret. Depuis la Chevauchée Sauvage. Depuis le Poison. Tout ce que j'ai fait, chaque caresse, chaque baiser, chaque abandon... c'était conscient. C'était un choix. Je savais ce que tu cherchais, et j'ai décidé de te le donner, mais
Il avait raison. Ce n'étaient pas les mots d'un conquérant, mais ceux d'un homme qui avait lui-même connu le vide, la perte, le deuil. Nous étions deux survivants, deux orphelins, deux âmes brisées par la guerre. Et c'est au milieu de ces ruines, sur la terre de mes ancêtres, que j'ai senti la dernière glace fondre en moi. Je l'ai embrassé. Un baiser salé de larmes et de cendres, âpre, désespéré, triomphant. Il m'a répondu avec une ferveur égale, ses mains se glissant dans mes cheveux, sur mon dos, me serrant contre lui comme s'il voulait me protéger du fantôme de mon propre passé. Nous avons fait l'amour dans les ruines de la salle du trône. C'était un acte sacré, un rituel, une communion. Il m'a allongée sur un lit de mousse et de jeunes herbes qui avaient poussé entre les pierres, à l'endroit même où mon père avait rendu son dernier souffle. Le soleil de printemps nous baignait de sa lumière pâle, et le vent qui s'engouffrait dans les ruines portait le parfum des premières fleu
Liora Le printemps a adouci les cimes de Volcra, mais dans mon cœur, une glace ancienne demeure, une glace que ni l'amour ni le temps n'ont réussi à faire fondre entièrement. Je suis reine désormais, couronnée devant la cour, aimée au grand jour. La bague de pierre de lune brille à mon doigt comme une étoile captive, et la marque au creux de mes reins pulse doucement dans le noir. Pourtant, il y a des nuits où je me réveille en sursaut, le souffle court, hantée par des images qui ne s'effacent pas. Les vergers de mon père en flammes. La grande bibliothèque d'Eldoria écroulée sur elle-même. Le trône de mon enfance brisé en deux comme un jouet d'osier. Je n'ai jamais vu les ruines. Je suis passée directement du palais en feu à la cage dorée de Volcra, sans transition, sans deuil. La guerre m'a volé mon royaume, mais elle m'a aussi volé mes morts. Je n'ai pas pu enterrer mon père. Je n'ai pas pu dire adieu à mes serviteurs, à mes professeurs, à mes amies d'enfance. Tout a été arraché,
Le banquet s'éternise pendant des heures. Les plats se succèdent, les vins coulent à flots, les conversations s'animent. L'atmosphère devient de plus en plus licencieuse à mesure que l'ivresse gagne les convives. Des couples se forment, s'enlacent, s'embrassent sans pudeur. Une femme, entièrement n
Ses doigts continuent leur exploration, descendant sur mon ventre. Ils tracent des cercles paresseux autour de mon nombril, effleurent l'os de ma hanche, s'arrêtent à la naissance de ma cuisse. — Tu frissonnes, constate-t-il. De peur ou de froid ? — De peur, mu
Partout. Partout. Le mot résonne dans ma tête comme une cloche funèbre. Je secoue la tête vigoureusement, les mains agrippées au rebord de la baignoire. — Non. Non, je refuse. C'est... c'est indécent. C'est... — C'est l'ordre du roi.
Elle se relève et va ouvrir un coffre sculpté près de la cheminée. Elle en sort des fioles, des linges propres, un pot de baume qui sent la lavande et le miel.— Je vais te nettoyer, dit-elle. Tes blessures, ta peau, tes cheveux. Ensuite tu







