MasukSes doigts continuent leur exploration, descendant sur mon ventre. Ils tracent des cercles paresseux autour de mon nombril, effleurent l'os de ma hanche, s'arrêtent à la naissance de ma cuisse. — Tu frissonnes, constate-t-il. De peur ou de froid ? — De peur, murmuré-je, et ma voix est si faible que je ne la reconnais pas. — Bien. La peur est une réaction saine. La peur maintient en vie. Mais la peur peut aussi se transformer. La peur peut devenir... autre chose. Ses doigts glissent plus bas, là où ma chair est la plus tendre, la plus secrète. J'étouffe un hoquet, mes mains se crispent sur les draps de soie. Il ne me pénètre pas. Pas encore. Il se contente d'effleurer, de caresser, d'explorer avec une lenteur délibérée. Ses doigts écartent délicatement mes replis intimes, et je sens l'air frais sur ma chair humide. Je ne devrais pas être humide. Je ne devrais pas. Et pourtant je le suis. — Ah, fait-il si
Je secoue la tête, incapable de parler. — Parce que cela te rend vulnérable. Parce qu'une femme qui n'a plus un seul poil sur le corps se sent nue même quand elle est habillée. Parce que cela te rappelle, à chaque instant, que ton corps a été préparé pour moi, que chaque détail de ton anatomie a été décidé par moi, que ta propre peau n'est plus vraiment la tienne. Ses doigts glissent plus bas, plus profondément, vers une zone que personne n'a jamais touchée. Je me raidis, mes ongles griffent le cadre du miroir. Mais il ne va pas plus loin. Il retire sa main et se redresse. — Redresse-toi. Je m'exécute, les jambes flageolantes, le cœur battant à tout rompre dans ma gorge. Il est juste derrière moi, si proche que je sens la chaleur de son corps à travers ma tunique. — Regarde dans le miroir, dit-il. Je lève les yeux vers mon reflet. Je vois une femme pâle, frissonnante, dont les yeux brille
Partout. Partout. Le mot résonne dans ma tête comme une cloche funèbre. Je secoue la tête vigoureusement, les mains agrippées au rebord de la baignoire. — Non. Non, je refuse. C'est... c'est indécent. C'est... — C'est l'ordre du roi. — Mais pourquoi ? Pourquoi une telle... humiliation ? Helga pousse un soupir et pose la brosse qu'elle tenait. Ses yeux fatigués plongent dans les miens. — Parce que c'est le rituel des favorites du roi, princesse. Parce qu'il veut que tu sois lisse comme une perle, parce qu'il veut que chaque caresse te soit amplifiée par l'absence de barrière, parce qu'il veut que tu sois sienne jusque dans ces détails infimes que personne d'autre ne voit. Est-ce que cela te blesse ? Non. Est-ce que cela t'humilie ? Oui. Et c'est exactement le but. Ses mots sont crus, directs, sans fard. Elle ne cherche pas à m'épargner, elle ne cherche pas à a
Elle se relève et va ouvrir un coffre sculpté près de la cheminée. Elle en sort des fioles, des linges propres, un pot de baume qui sent la lavande et le miel.— Je vais te nettoyer, dit-elle. Tes blessures, ta peau, tes cheveux. Ensuite tu mangeras un repas chaud. Ensuite tu dormiras. Et demain...Elle s'interrompt, secoue la tête.— Demain est demain. Ne gâchons pas cette nuit à y penser.Ses gestes sont doux, précis, maternels. Elle tamponne mes poignets avec une décoction qui pique d'abord, puis apaise. Elle enduit les plaies d'un baume onctueux qui sent bon. Elle lave mon visage avec un linge humide, débarrassant ma peau du sang et de la crasse. Elle démêle mes cheveux avec un peigne en os, dénouant les nœuds un par un, patiemment, sans me faire mal.Personne ne m'a traitée avec cette douceur depuis l
Dorian hausse les épaules.— Pas ce soir. Elle n'est pas prête. Mais bientôt. Quand je l'aurai domptée, quand elle aura compris sa place, nous verrons. Tu sais que je partage mes trésors avec mes fidèles.Leurs regards se croisent, et dans cet échange silencieux, je lis une intimité qui confirme toutes les rumeurs. Ils ont partagé des femmes avant moi. Ils en partageront d'autres après. Je ne suis qu'un pion dans leur jeu, une pièce de viande qu'on se passe de main en main.Kael retire sa main à regret, et ses doigts effleurent ma joue une dernière fois.— Je l'attendrai, dit-il doucement, et ses yeux verts plongent dans les miens avec une intensité qui me fait frissonner malgré moi. Patiemment. Comme j'attends tout ce qui vaut la peine d'être possédé.Il s'incline devant Dorian, un g
La salle est immense, une cathédrale de pierre noire dont les colonnes sculptées montent jusqu'à une voûte si haute qu'elle se perd dans l'obscurité. Des centaines de bougies brûlent dans des lustres de fer forgé, projetant une lumière vacillante et dorée qui donne à la scène des allures de tableau infernal. Des tapis épais couvrent le sol de marbre, des coussins de soie et de velours sont éparpillés partout, et sur ces coussins...Mon cerveau refuse d'abord d'enregistrer ce que mes yeux voient.Des hommes et des femmes, des dizaines, des centaines, vêtus de tissus si légers qu'ils ne cachent rien, quand ils ne sont pas entièrement nus. Des corps entrelacés sur les tapis, des membres qui s'enlacent, des bouches qui s'unissent, des mains qui explorent sans la moindre pudeur, sans la moindre retenue. Une femme à la chevelur







