로그인Lyanna
Je regarde Eryk s'éloigner dans le couloir jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse définitivement à l'angle du mur, avalée par l'ombre du palais. Mes larmes coulent encore, silencieuses, intarissables, creusant des sillons sur mes joues. Le bruit de ses bottes sur les dalles de pierre s'éteint peu à peu, remplacé par le silence, et avec lui, c'est tout un pan de mon passé qui s'efface, qu
Liora La convalescence de Dorian a été aussi brève que spectaculaire. La main du guérisseur, comme il appelle la mienne, a fait des miracles, et en une semaine, il se tenait de nouveau debout, l’entaille au flanc réduite à une cicatrice rouge de plus sur la carte de son torse. Pourtant, quelque chose entre nous a changé depuis cette nuit. Il n’est pas devenu tendre, non. Il est toujours le Fléau du Nord, impérieux et imprévisible. Mais une tension nouvelle s’est installée, plus électrique, plus ambiguë. Et aujourd’hui, il a décrété que je sortirai de la citadelle. — L’air de la montagne te fera du bien, a-t-il dit ce matin, d’un ton qui ne souffrait aucune discussion. Tu es trop pâle. Prépare-toi pour une chevauchée. L’idée de quitter l’enceinte de pierre noire, ne serait-ce que pour quelques heures, déclenche en moi une excitation fébrile que je peine à cacher. C’est une liberté inespérée. Je m’habille rapidement, choisis
La Rose d’Or. Les cheveux de soleil. C’est l’emblème de ma maison, la maison d’Eldoria. Notre symbole est une rose dorée sur champ d’azur, et mes cheveux, ce blond vénitien que Morgane brosse chaque jour, ont été mille fois comparés à un soleil. Un frisson d’effroi parcourt mon échine. Cette prophétie parle de moi. Je tourne la page, avide d’en savoir plus. Une note marginale, d’une encre plus récente, a été ajoutée. L’écriture est fine, élégante, et je la reconnais pour l’avoir vue sur des décrets : c’est celle de Dorian. Mon cœur tambourine contre mes côtes. La prophétie est en marche. J’ai pris la Rose d’Or à Eldoria. La malédiction des pères pèse sur moi. La fin, ou la rédemption, viendra d’elle. Je dois posséder son corps pour posséder mon destin, et briser son âme pour sauver la mienne. La clé est dans sa jouissance et sa haine mêlées. Si elle se donne librement, l’ancienne magie sera accomplie, et la lignée du Loup sera libérée de la folie.
Il ne répond pas tout de suite. Ses doigts dessinent des cercles paresseux sur ma peau sous l’eau, un mouvement hypnotique qui éveille en moi un désir doux et lancinant. — Parce que tu n’as pas peur, répond-il enfin. Pour la première fois, tu n’as pas peur de moi. Et c’est… reposant. Il retire sa main aussi lentement qu’il l’avait posée, comme à regret. Puis il se lève et me contemple de toute sa hauteur. Le moment de fragilité est passé, mais il n’a pas disparu. Il s’est déposé entre nous comme une poussière d’étoiles, modifiant l’espace qui nous sépare. — Ne reste pas trop longtemps. L’eau chaude peut donner le vertige. Il se détourne et s’éloigne dans la pénombre, me laissant seule avec mon cœur battant et un trouble immense. Ce n’était pas une scène de domination. Ce n’était pas une leçon. C’était un moment d’intimité volé au temps et à la guerre. Un moment où le Fléau du Nord n’était qu’un homme, et où le Trésor
Liora L’été a fini par consumer l’air lui-même. La chaleur dans le palais de pierre noire est devenue une bête tapie, qui vous souffle son haleine fétide au visage dès que l’on quitte l’ombre des couloirs. Cinq mois de captivité, et je crois que je ne me suis toujours pas habituée à la moiteur étouffante de Volcra, à cette transpiration perpétuelle qui fait luire les torses nus des courtisans et coller les voiles sur les corps des dames. Je me languis des vents frais d’Eldoria, de la brise qui portait le parfum des vergers de mon père et faisait onduler les blés comme une mer d’or. Pour échapper à la fournaise de mes appartements, j’ai pris l’habitude d’errer dans les parties les plus reculées du palais, là où la morsure du soleil ne pénètre jamais, là où la roche volcanique garde une fraîcheur de tombeau. Ma condition m’offre une liberté de mouvement relative, à condition de ne jamais franchir les portes de la citadelle. Je suis le Trésor, la Favorite
Et moi, je suis assise sur mon trône, spectatrice impuissante, les joues en feu, le cœur battant à tout rompre. La ceinture de chasteté est lourde entre mes cuisses, me rappelant que je ne peux pas participer, que je ne peux pas me toucher, que je ne peux rien faire pour soulager la tension qui grandit en moi. — Tu es agitée, Liora, murmure Dorian en se penchant vers moi. Sa main se pose sur ma cuisse, remonte lentement sous ma tunique. Ses doigts effleurent le cuir de la ceinture, la boucle d'argent, le loup de Volcra gravé dans le métal. — Tu voudrais être à leur place ? Tu voudrais être touchée, caressée, possédée ? — Non, murmuré-je, mais ma voix est rauque, trahissante. — Tu mens. Mais ce soir, je ne t'en punirai pas. Ce soir, tu vas regarder. Tu vas regarder, et tu vas brûler. Et quand la cérémonie sera finie, quand toutes ces femmes seront repues, je t'emmènerai dans ma chambre. Et tu me supplier
Dorian se tourne vers moi, et son regard est si intense que j'en frissonne. — Toi, tu es la favorite. Le Trésor. La femme au-dessus de toutes les autres. Tu ne seras pas touchée ce soir, sauf par moi si je le décide. Mais tu seras présente. Tu regarderas. Tu apprendras. Tu verras jusqu'où va le pouvoir du roi de Volcra. Un cor retentit à l'extérieur, un son grave et prolongé qui fait vibrer les pierres de la salle. Les portes s'ouvrent, et le cortège commence. Ils entrent par couples, les nobles de Volcra et leurs femmes. Les hommes sont vêtus de leurs plus beaux atours, tuniques de velours, capes de soie, bijoux d'or et d'argent. Les femmes sont parées comme des offrandes, des couronnes de fleurs dans les cheveux, des voiles transparents sur le corps, des bijoux qui tintent à chacun de leurs pas. Certaines sont jeunes, à peine sorties de l'adolescence. D'autres sont mûres, épanouies, le regard chargé d'une e
Le banquet s'éternise pendant des heures. Les plats se succèdent, les vins coulent à flots, les conversations s'animent. L'atmosphère devient de plus en plus licencieuse à mesure que l'ivresse gagne les convives. Des couples se forment, s'enlacent, s'embrassent sans pudeur. Une femme, entièrement n
Ses doigts continuent leur exploration, descendant sur mon ventre. Ils tracent des cercles paresseux autour de mon nombril, effleurent l'os de ma hanche, s'arrêtent à la naissance de ma cuisse. — Tu frissonnes, constate-t-il. De peur ou de froid ? — De peur, mu
Partout. Partout. Le mot résonne dans ma tête comme une cloche funèbre. Je secoue la tête vigoureusement, les mains agrippées au rebord de la baignoire. — Non. Non, je refuse. C'est... c'est indécent. C'est... — C'est l'ordre du roi.
Elle se relève et va ouvrir un coffre sculpté près de la cheminée. Elle en sort des fioles, des linges propres, un pot de baume qui sent la lavande et le miel.— Je vais te nettoyer, dit-elle. Tes blessures, ta peau, tes cheveux. Ensuite tu







