LOGINEt moi, je suis assise sur mon trône, spectatrice impuissante, les joues en feu, le cœur battant à tout rompre. La ceinture de chasteté est lourde entre mes cuisses, me rappelant que je ne peux pas participer, que je ne peux pas me toucher, que je ne peux rien faire pour soulager la tension qui grandit en moi. — Tu es agitée, Liora, murmure Dorian en se penchant vers moi. Sa main se pose sur ma cuisse, remonte lentement sous ma tunique. Ses doigts effleurent le cuir de la ceinture, la boucle d'argent, le loup de Volcra gravé dans le métal. — Tu voudrais être à leur place ? Tu voudrais être touchée, caressée, possédée ? — Non, murmuré-je, mais ma voix est rauque, trahissante. — Tu mens. Mais ce soir, je ne t'en punirai pas. Ce soir, tu vas regarder. Tu vas regarder, et tu vas brûler. Et quand la cérémonie sera finie, quand toutes ces femmes seront repues, je t'emmènerai dans ma chambre. Et tu me supplier
Dorian se tourne vers moi, et son regard est si intense que j'en frissonne. — Toi, tu es la favorite. Le Trésor. La femme au-dessus de toutes les autres. Tu ne seras pas touchée ce soir, sauf par moi si je le décide. Mais tu seras présente. Tu regarderas. Tu apprendras. Tu verras jusqu'où va le pouvoir du roi de Volcra. Un cor retentit à l'extérieur, un son grave et prolongé qui fait vibrer les pierres de la salle. Les portes s'ouvrent, et le cortège commence. Ils entrent par couples, les nobles de Volcra et leurs femmes. Les hommes sont vêtus de leurs plus beaux atours, tuniques de velours, capes de soie, bijoux d'or et d'argent. Les femmes sont parées comme des offrandes, des couronnes de fleurs dans les cheveux, des voiles transparents sur le corps, des bijoux qui tintent à chacun de leurs pas. Certaines sont jeunes, à peine sorties de l'adolescence. D'autres sont mûres, épanouies, le regard chargé d'une e
Liora L'été est arrivé sur Volcra, un été brutal et sec qui calcine la roche noire des montagnes et fait miroiter l'air au-dessus des remparts. La chaleur est écrasante, une chaleur de fournaise qui transforme le palais en étuve. Les courtisans ont abandonné leurs tuniques de velours pour des voiles transparents, quand ils ne circulent pas entièrement nus dans les couloirs. Les fontaines de la cour intérieure sont prises d'assaut par des corps en sueur qui s'y ébattent sans pudeur. L'eau ruisselle sur les peaux bronzées, les rires fusent, les étreintes se nouent dans les bassins de marbre. Je regarde ce spectacle depuis la fenêtre de ma chambre, le front appuyé contre la vitre chaude. Quatre mois se sont écoulés depuis mon arrivée à Volcra. Quatre mois qui m'ont transformée d'une princesse vertueuse en une créature que je ne reconnais plus. Mon corps a changé, lui aussi. Les bains quotidiens, les massages aux huiles parfumées, l'exercice forc
Mes yeux se lèvent vers la cour, vers la foule silencieuse qui me fixe. Et dans cette foule, je vois Kael. Il est au premier rang, ses yeux verts brillant d'une lueur intense, un sourire étirant ses lèvres sensuelles. Il lève sa main dans un geste de salut ironique, et ce geste, cette complicité obscène, me fait basculer. L'orgasme me submerge avec une violence inouïe, plus fort que tous ceux que j'ai connus. Je crie, un long hurlement qui déchire le silence, qui rebondit sur les murs de la cour, qui s'engouffre dans les couloirs du palais. Mon corps se convulse contre la vitre, mes ongles griffent le plomb, mes jambes tremblent si fort que je manque de m'effondrer. Dorian me retient, ses mains puissantes me maintenant debout pendant qu'il continue à me posséder. Quelques coups de reins encore, et il jouit à son tour, un grognement sourd contre ma nuque, sa semence chaude se répandant en moi. Le silence retombe, uniqueme
Les courtisans s'éclipsent en hâte, leurs murmures emplissant la salle comme un bourdonnement de ruche. Kael me lance un regard intrigué avant de sortir, Morgane un regard impassible. Les gardes se retirent, les serviteurs disparaissent. En quelques minutes, la grande salle est vide. Vide à l'exception de Dorian et de moi. — Approche-toi de la fenêtre, dit-il. Sa voix est calme, trop calme. La voix de l'orage qui couve. Je connais cette voix. Elle annonce toujours quelque chose de terrible. Je m'approche de la fenêtre, une immense baie vitrée qui donne sur la cour intérieure. Le verre est épais, serti dans un cadre de plomb qui dessine les armoiries de Volcra. En bas, dans la cour, les soldats s'entraînent, les serviteurs circulent, les courtisans se dispersent. La vie continue, indifférente. — Pose tes mains sur la vitre, ordonne-t-il. J'obéis. Le verre est froid sous mes paumes, fr
Le duc me regarde. Ses yeux bleus parcourent mon corps, s'arrêtent sur le bijou d'argent qui enserre ma poitrine, sur la courbe de mes hanches sous la soie grise, sur mes jambes nues que la fente de la tunique dévoile à chaque pas. Je vois ses narines frémir, sa pomme d'Adam monter et descendre. Il n'est pas insensible à ma beauté. Aucun homme ne l'est. C'est pour cela que Dorian m'a façonnée ainsi. — Elle est magnifique, n'est-ce pas ? continue Dorian. Une princesse de sang royal. Une héritière de dynastie. Une vierge, quand je l'ai prise. Et maintenant, elle est mienne. Corps et âme. Ses doigts caressent ma paume, descendent le long de mon poignet, remontent sur mon avant-bras. Un geste possessif, théâtral, destiné à la galerie. — À Volcra, duc, nous partageons nos trésors. Du moins, en partie. Nos courtisans ont le droit de toucher, de caresser, d'admirer. C'est un privilège que j'accorde à ceux qui me sont fidèles.
Lyanna Le soleil s'est couché depuis une heure quand la porte communicante s'ouvre. Je suis assise au bord du lit, les mains croisées sur mes genoux, le cœur battant si fort que je le sens jusque dans mes tempes. Les servantes sont venues me préparer comme chaque soir, silencieuses et efficaces,
LyannaSon visage se décompose. Ses doigts s'immobilisent sur mes lacets. Ses yeux bleus me regardent comme s'il ne me reconnaissait plus.— Comment ça, pas maintenant ? En trois jours, ce monstre a réussi à te retourner ? Il t'a envoûtée, c'est ça ? Il t'a jeté un sor
LyannaMa voix s'étrangle, les larmes me montent aux yeux. Je ne voulais pas supplier. Les mots sont sortis tout seuls, arrachés par la terreur, par l'amour que je porte encore à Eryk, par la certitude absolue que Kael mettrait sa menace à exécution si je ne l'arrêtais pas
LyannaTrois jours ont passé depuis la nuit de noces qui n'en fut pas une. Trois nuits où Kael est venu s'allonger près de moi, partageant la chaleur de son corps à travers les draps, respectant sa promesse de ne pas me toucher sans mon consentement. Trois nuits où j'ai ap







