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CHAPITRE 38 — Le premier sang du passé

last update Fecha de publicación: 2026-06-26 08:30:00

Déesse

Cela fait trois jours que je n'ai pas quitté la chambre. Trois jours ou ce qui passe pour des jours sans ouvrir la porte, sans arpenter les couloirs, sans répondre aux appels de Kael ou aux sollicitations silencieuses de la cité. Trois jours assise sur ce lit de pierre, les genoux repliés contre la poitrine, à regarder la lumière bleutée danser sur les murs sans vraiment la voir.

Mais aujourd'hui, c'est

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    KaelC’est une semaine plus tard, sur le balcon, au couchant artificiel de la cité.J’ai répété ce moment cent fois dans ma tête. Rien ne se passe comme répété. Elle est adossée à la balustrade, une tasse de tisane entre les mains, les cheveux défaits, et elle me regarde approcher avec ce petit pli au coin des yeux qui signifie qu’elle sait déjà quelque chose.— Tu as l’air d’un homme qui va sauter d’un pont, dit-elle— PireJe m’arrête devant elle. Je prends une inspiration. Et parce que je ne sais pas faire les choses autrement, je fais exactement ce que j’ai décidé : je m’agenouille.Elle écarquille les yeux.— Kael...— Écoute-moiElle se tait.— Nous sommes liés par un pacte de sang qui a tra

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    Le hurlement secoue toute la cavité. Je me dégage, je reprends mon épée, je frappe. Encore. Encore. Chaque coup est calme, mesuré, exact — pas la frénésie du désespoir, mais le travail d’un homme qui achève une tâche. Je l’arrache des fondations pierre par pierre. Je détruis chaque point d’ancrage de sa lumière malade. Il diminue. Il se ratatine. Il supplie, à la fin, avec la voix de Maëva d’autrefois, une voix douce qui promet des choses.Je n’écoute pas.Le dernier coup le sépare de la paroi mère.Il s’effondre. Il devient poussière noire. La lueur malade s’éteint dans la cavité, et pour la première fois depuis des siècles, ce lieu n’est plus qu’une grotte. Une simple grotte, sous une cité qui guérit.Je ramasse au sol

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    DéesseJe dors trois jours.Pas le sommeil ordinaire d’une femme fatiguée. Quelque chose de plus profond. Un sommeil de réparation, où mon corps referme en silence ce que le rituel a ouvert, où mon esprit apprend à vivre sans le lac noir qui occupait son fond depuis des siècles. Quand je m’éveille enfin, le premier jour, je reste longtemps à regarder le plafond voûté, à écouter la lumière bleutée pulser dans les veines de la pierre, sans bouger.Kael est là.Bien sûr qu’il est là.Je découvre ensuite, jour après jour, qu’il n’a presque pas quitté la chambre. Il a fait installer son propre lit de camp contre le mien. Il a refusé que la garde l’appelle pour autre chose que des urgences réelles. Il a menacé deux guérisseurs trop insistants d’un regard. Il a appris à ma servante à préparer les tisanes comme il les aime lui, ce qui signifie plus fortes que ne le veut la sagesse.Quand je le taquine là-dessus, il hausse les épaules.— Tu as veillé sur moi quand j’étais brûlé. Maintenant c’e

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    Déesse Elle recule d'un pas. Son ombre glisse sur le mur de pierre , trop grande, trop déformée, une ombre qui n'appartient pas à un corps humain.— Repose-toi. Demain, des gens viendront te voir. Des gens qui te connaissent mieux que tu ne te connais toi-même.— Attends ...— Des gens qui t'ont a

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