Se connecterSofiaIl a raison. Mon corps, ce traître, répond à chacune de ses attaques. Une chaleur liquide et coupable inonde mon ventre. Mes hanches se soulèvent d’elles-mêmes, cherchant le contact du sien. La honte et le désir forment un nœud brûlant dans ma gorge.Il me pousse sur le dos. Il ne prend pas son temps. Il n’y a plus de lenteur exploratoire, plus de tendresse révérante. Il y a l’urgence d’une prophétie qui s’accomplit. Il écarte mes cuisses avec ses genoux, ses yeux ne quittant pas les miens. Dans son regard, je lis l’amour, oui, mais un amour qui ressemble à de la haine, un amour qui brûlerait le monde pour garder sa flamme.Quand il entre en moi, c’est avec une poussée qui me fait crier, un mélange de déchirement et de plénitude absolue. Il ne bouge pas tout de suite. Il reste enfoui en moi, à la limite de la douleur, son visage tendu, une veine battant à sa tempe.— Je t’aime, halète-t-il, chaque mot un coup de boutoir contre mon âme.— Et je t’aimerai comme ça. Toujours. Jusqu
SofiaLes jours qui suivent la conflagration sont comme une échappée d’air dans un monde pressurisé. Nous vivons suspendus, hors du temps, dans la bulle de verre et de marbre de sa villa. Il y a des silences, mais ils ne sont plus lourds. Ils sont habités. Habités par le souvenir des nuits passées, par l’écho des gémissements étouffés dans l’oreiller, par l’empreinte de ses mains sur ma peau qui devient une cartographie familière.Mais je ne suis pas naïve. Je sais que cette trêve est une illusion. Un mensonge que nous nous racontons à coups de caresses et de baisers profonds. L’écho de ses paroles « Sei mia. Ma rovina. » résonne encore dans le creux de mon être, plus profond que son corps n’a jamais pénétré.Ce matin-là, le soleil est particulièrement cruel. Il inonde la chambre, traçant des lignes de feu sur les draps en soie froissés, mettant en lumière chaque cicatrice sur son dos, chaque marque d’amour-violence sur mes hanches. Je suis déjà réveillée, allongée sur le côté, à le r
SofiaQuand il entre en moi, c’est d’une poussée unique, profonde, qui me remplit à la perfection. Nous restons ainsi un instant, figés, haletants, ajustés l’un à l’autre comme deux pièces d’un puzzle maudit. Puis il commence à bouger.Le rythme est différent. Plus animal, plus direct. Chaque poussée m’atteint au plus profond, frappant un point de plaisir si intense que des larmes me montent aux yeux. Ses mains quittent mes seins pour se poser sur mes épaules, m’ancrant à lui, tandis que son souffle brûlant s’échappe contre mon cou.— Dimmi che sei mia.Il grogne à mon oreille, chaque mot accentué par une poussée plus profonde.Je ne peux pas parler. Mon monde s’est réduit à la sensation de son corps contre le mien, en moi. Je secoue la tête, les cheveux collés à mon visage par la sueur.— Dimmelo !Il insiste, sa voix une corde rauque tendue à l’extrême.La tension en moi monte, une spirale implacable.— Je… je suis…La phrase se brise dans un cri alors qu’il frappe en moi avec une p
SofiaLe sommeil est profond, mais bref. Je m’éveille quelques heures plus tard dans l’obscurité persistante de la chambre, le corps encore imprégné de sa chaleur, de son odeur , un mélange de savon âpre, de sueur masculine et de cette essence unique qui n’appartient qu’à lui. Ses bras m’enlaçent toujours, une chaîne de chair et de muscle à laquelle je ne cherche pas à me soustraire. Au contraire, je me blottis plus profondément contre son torse, sentant l’écho d’un plaisir endolori dans mon bas-ventre, une douce meurtrissure témoin de ce qui s’est passé.Il ne dort pas. Je le perçois au changement presque imperceptible de sa respiration, à la façon dont ses doigts, qui reposent sur mon ventre, s’animent d’un léger mouvement circulaire.— Tu ne dors pas ?Je murmure, la voix enrouée par le sommeil et… autre chose.— Je te regarde dormir.Il répond, la voix basse et grave dans l’obscurité.— Je n’arrive pas à fermer les yeux. J’ai peur que tout cela ne soit qu’un rêve.Je me tourne dan
SofiaSes baisers deviennent plus insistants, plus profonds. Sa langue trouve la mienne, et c'est une découverte mutuelle, lente, torride. Mes mains, qui étaient restées sagement sur mes genoux, se lèvent d'elles-mêmes. Elles se posent sur ses épaules, sentant la tension du muscle sous le lin, puis remontent pour s'enfoncer dans l'épaisseur de ses cheveux noirs. Il frémit sous mon toucher, et cette réaction , ce grand homme de fer qui tremble sous mes doigts , achève de me consumer.Il se redresse alors, et dans un mouvement fluide, il me soulève du canapé. Je m'enroule autour de lui, mes jambes ceignant ses hanches, mon visage enfoui dans le creux de son cou. Je respire sa peau, je goûte le sel léger à la base de sa gorge. Ses bras me portent comme si je n'étais que brindille, mais son étreinte est infiniment protectrice.La traversée de la villa jusqu'à la chambre est un voyage dans une bulle de désir. Les murs blancs, les œuvres d'art, les grandes baies vitrées sur la nuit ne sont
SofiaLes jours qui suivent notre trêve verbale tissent une nouvelle réalité, fragile comme la soie d’une araignée. L'espace qu'il m'offre n'est pas un vide, mais un territoire à explorer, peuplé de regards nouveaux, de silences différents. Je marche sur la plage, et son empreinte parallèle à la mienne se rapproche imperceptiblement chaque matin. Un jour, je m'arrête, je regarde l'horizon, et je sens son regard sur mon profil. Je ne me retourne pas, mais je ne bouge plus. C'est une invitation silencieuse.Il vient se tenir à mes côtés, sans un mot. Nous regardons la mer avaler le sable, reculer, revenir. Son épaule frôle la mienne. La chaleur de son corps, même à travers le lin léger, est un aimant, une brûlure douce. Je ferme les yeux, respirant l'air salin, et au lieu de la peur, c'est une tension électrique qui monte en moi, un courant qui coule de ce point de contact jusqu'au plus profond de mon ventre.— Le sable est encore froid, murmure-t-il enfin, sa voix plus grave que le gro







